.:.Chronique.:.

Pochette

Moult, Richard

Last Night I Dreamt of Hibrihteselle

[Wild Silence::2015]

|01 Prologue|02 Green Rain|03 The Bramble Patch|04 Hour Glass|05 Halcyon Tales|06 Winter Sunrises|07 Loss|08 On Receiving A Box of Spring Flowers in London|09 Snowdrop Time|10 Spring in the West|11 Swallows|12 To A Black Singing in London|13 The Sounding Circle|14 Epiloque (Mimmering)|

Auteur d'une discographie pléthorique, Richard Moult aura été pendant un temps assez proche de la mouvance du dark folk. Il l'est d'ailleurs plus ou moins en participant notamment à The Killing Tide de Sol Invictus, une compilation de chez Tursa, approchant des gens comme David Tibet (Current 93). Pour autant, il ne s'est pas laissé enfermé dans ce genre et en optant pour une idée bien plus large de la folk, entre la comtemporary folk, une veine quelque peu Canterburry et une pincée ésotérique. En ce sens, si on veut toujours le laisser dans le giron de la dark folk, il sera vraiment un personnage à part. En fait, quand on écoute un disque comme Last Night I Dreamt of Hibrihteselle on se rend compte qu'il n'a pas tout à fait quitté le genre même s'il tente de s'en détacher. Loin de toute modernité, usant essentiellement d'instruments à cordes, de pianos (enfin un synthétiseur), de voix (en l'occurrence ici celles de David Colohan, Sophie Cooper, Delphine Dora, Amanda Feery, Adam Leonard, Amanda Mowat Moult et Alison O'Donnell) et plus rarement de guitare électrique, Richard Moult œuvre dans une musique automnale, mélancolique qui n'est pas parfois sans rappeler des disques de Sol Invictus comme In the Rain. Mais que l'on parle de contemporary folk, de dark folk ou de neo-folk on sait très bien que les frontières sont très diffuses. Pour autant, on ne saurait nier à Richard Moult un sens mélodique et d'orchestration qui n'est jamais très éloigné de la musique de chambre avec une connotation très victorienne. On reste admiratif devant sa capacité à transcender ses chansons alors qu'elles demeurent dans une environnement assez intimiste. Là est sans doute son vrai tour de force. On pourrait voir dans un disque comme celui-ci une approche passéiste ou conservatrice (certains vont même à pointer du doigt sans vraiment de discernement tous ceux qui font ce genre de musique comme étant d'affreux néo-nazis...) mais cela n'enlève en rien la beauté formelle des volutes mélodiques de Richard Moult. En fait, il ne cherche pas spécialement à appartenir plus que cela à une époque. Il tente plutôt à retranscrire une esthétique qui sied le mieux au spleen de ses morceaux. En ce sens, Richard Moult n'a de leçon à recevoir de personne. Disque au charme intemporel, Last Night... est une pièce non négligeable à rajouter à la longue liste de ses efforts discographiques qu'ils soient solitaire ou en collaboration.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 22-05-2015

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