.:.Chronique.:.

Pochette

Mailly, Emmanuel

Rodeo Ranger

[Autoroduit::2015]

|01 Entre|02 Blues Two|03 It's Pouring Outside|04 Random 3|05 Red Moon|06 Dirty Boots|07 Blues Solo New|08 Mingot Jazz|09 Fucking Bass V2|10 Lefthander|11 Cowboy's Going Out|

Même si j'étais loin d'être le plus mauvais en mathématique tout au long de ma scolarité, je m'imaginais assez mal les différents professeurs m'enseignant cette matière, où la logique est primordiale, être des gens capables d'être versé dans autre chose que ce qui leur servait de gagne pain. C'est un peu le cas d'Emmanuel Mailly, professeur de mathématique donc, mais aussi adepte de musiques expérimentales qu'il réalise à l'aide d'une guitare préparée, de matériel informatique et de chants de gorges. Se désignant lui même comme un «  faiseur de sons  », il est véritablement un artisan de l'expérimentation depuis une vingtaine d'année tout en composant pour d'autres (compagnies, plasticiens, poètes). Rodéo Ranger, son dernier, disque, sorte de Western lunaire où s'entremêlent un blues bancal et décharné et des expérimentations proches de l'onirisme. Parce que oui, Rodéo Ranger est comme une sorte de rêve éveillé entre bande son pour un film de David Lynch ou le Dead Man de Jim Jarmusch. Emmanuel Mailly déambule dans une espèce de no man's land irréel où l'on rencontre des spectres fantasmatiques et des paysages du bout du monde. Et comme Emmanuel Mailly est un infatigable voyageur, il nous fait découvrir des espaces assez différents les uns des autres mais au travers d'un seul et unique regard. Celui de ce ranger solitaire qui est a des années lumière du barbichu stetsonisé qui file des bourre pifs comme on dit bonjour. Non, le ranger Mailly reste un conteur, un sculpteur sonore, un voyageur de l'ailleurs et de l'inconnu. Contrairement à l'autre psychorigide, il transgresse les lois et en créé de nouvelles pour que l'on puisse s'échapper d'une normalité qui ne fait que réduire notre champ de vision. Fait avec les moyens du bord, Rodeo Ranger est un disque plus qu'intéressant car il y a un effort certain pour magnifier et donner une image différentes des canons du western. Mailly, se rapproche donc des Jarmusch, Eastwood et autres Pollack qui ont su donné en leur temps une idée nouvelle du genre. Un bel exercice de style donc qui mérite d'être écouté en boucle.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 20-05-2015

A voir également :

http://www.emmanuelmailly.fr/

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