.:.Chronique.:.

Pochette

Belfi, Andrea

Natura Morta

[Miasmah Recordings ::2014]

|01 Oggetti creano forme|02 Nel vuoto|03 Roteano|04 Forme creano oggetti|05 Su linee rette|06 Immobili|

Depuis Wege, Andrea Belfi a fait son petit bonhomme de chemin. Entre Natura Morta et Wege, Andrea Belfi aura fait de belles rencontres et deux albums de bonnes factures. En effet, l'italien sortira d'abord Populista Presents  : United States of America Tryptich (II) – Ten Intrusions sur le label Bôlt avec David Grubbs, David Maranha et Pete Simonelli. L'année suivante, toujours avec Grubbs et Stefano Pilia en troisième larron, Belfi sortira Dust & Mirrors sur Blue Chopsticks. Tout cela pour dire que notre homme n'est pas de ceux qui se repose sur ses lauriers et qu'il sait aussi s'ouvrir aux autres pour explorer de nouveaux territoires. Ici, c'est seul qu'il revient avec un disque au titre des plus évocateur mais qui peut facilement nous mener sur de mauvaises pistes. En l'occurrence on aurait tort de croire que la musique de Belfi sur ce disque est totalement figée ou montrant des paysages inertes ou sans vie. Natura Morta propose des espaces sonores assez contrastés et basés sur des rythmes très changeants. Percussionniste de son état, Belfi n'oublie pas d'axer ses constructions autour de son élément de prédilection. Les contours de sa musique finissent par s'élargir, ne restant jamais sur le même plan, intégrant au fur et à mesure de l'évolution des morceaux des éléments nouveaux qui peuvent subitement disparaître comme ils sont apparus. Pour ce faire Belfi use de spectres électroniques, de drones discrets, du field recordings angoissant. Natura Morta n'est pas aussi morbide et terne comme pourrait laisser croire le titre. Comme le genre pictural, il dépeint avec minutie et détails ce qui l'entoure et qui est sensé rester dans l'immobile. Pourtant rien n'est jamais immobile. Le monde, les choses, les êtres vivants bougent. Même ce qui est censé être mort ou inerte, fini par bouger par décomposition ou érosion. Ce principe, Andrea Belfi l'a parfaitement compris sinon il se serait contenté de drones basiques de différentes intensités. Pour le coup, Natura Morta est bien un disque qui se meut dans un environnement qui n'est pas loin d'évoquer ce qu'il y a de plus abstrait dans la musique. Pour autant, Belfi imprime une évolution logique à ses compositions comme s'il s'agissait de décrire quelque chose, de prendre toutes les informations qui sont à notre portée et de les assembler afin de donner une description la plus fidèle possible du décor qui nous fait face. Belfi rend alors l'ordinaire extraordinaire et s'emploie à mettre de la vie à ce qui semble définitivement voué au néant. Une belle performance donc.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 11-05-2015

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