.:.Chronique.:.

Pochette

Lewis, Edvard Graham

All Over

[Editions Mego::2014]

|01 Approaching Wheels|02 Straight Into the Corner|03 Bluebird|04 The Start of Next Week|05 Quick Skin|06 Began|07 We've Lost Your Mind|08 It's Hard|09 Prism Buzzard|10 Twins Got Got|11 Where's the Affen|12 Passport to International Travel|

Pour beaucoup, Edvard Graham Lewis (que l'on connaît plus sans son premier prénom) est l'une des têtes pensantes du groupe culte (et je pèse mes mots) Wire. Mais quand on suit un petit peu sa «carrière» on voit assez rapidement que Lewis n'est pas l'homme d'un seul groupe. Souvent suivi de près par Bruce Gilbert (lui aussi membre de Wire), il aura participé à nombre de projets tel Duet Emmo, He Said, Dome, Cupol... Ce qui ne l'a pas empêché de sortir, plus épisodiquement, des disques solos ou en collaboration avec Bruce Gilbert, toujours, John Duncan ou Russel Mills. Là, pour le coup, Lewis a sorti en même temps deux albums pour Editions Mego et on ne peut que s'en réjouir. All Over et All Under. Mais c'est bien le premier qui nous intéresse pour le moment et c'est en écoutant un disque comme celui-ci que l'on vérifie (si on avait encore besoin de le vérifier) que Wire doit beaucoup à ce type là. En tout cas dans le virage pop opéré à la fin des années 80 et au début des 90's avec des albums comme The Ideal Copy, A Bell Is A Cup Until It Is Struck et, surtout, The Drill. Ici, donc, avec All Over, Edvard Graham Lewis nous délivre sa science d'une pop expérimentale et sinusoïdale. Parce que oui, en ce qui concerne sa musique on peut parler de pop plus que de post-punk dans lequel il est généralement catalogué. L'orientation assez froide de sa production n'est jamais ancrée dans l'inertie. Toujours, Lewis accompagne l'apparente rigidité mélodique par des mouvements rythmiques entêtants qui finissent par assouplir l'ensemble. Mais l'intérêt de ce disque ne s'arrête pas là. Tout en restant identifiable, portant bien la marque de Lewis, ce dernier continue de tenter des choses nouvelles, de repousser ses propres limites et, dans le fonds, se renouveler. Car il n'y a rien de pire que de faire à chaque fois le même disque pendant des décennies. Lewis, lui, n'est jamais dans la redite. Il continue d'explorer, tisse sa toile et met sur pied une musique vibrante et jamais policée. Lewis reste lui même, inventeur génial et mélodiste hors pair, il continue de s'interroger sur l'évolution de ses travaux. On lui reproche d'être trop cérébral mais son approche n'est pas forcément élitiste. Elle est sûrement plus exigeante que les musiques dîtes populaires, moins chaleureuse, mais pas moins accessible et enrichissante. Lewis n'a jamais été un conservateur. Il le prouve une fois de plus ici avec bonheur.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 03-05-2015

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