.:.Chronique.:.

Pochette

Whispers, Jimmy

Summer in Pain

[Field Mates Records::2015]

|01 Intro|02 I Love You|03 Vacation|04 Heart Don't Know|05 Pain in my Love|06 Michael, Don't Cry|07 I Get Lost In You in the Summertime|08 Keeping Me High|09 (Summer in Pain)|10 Heartbeat|

A la base, le lo-fi n'est pas spécialement ma tasse de thé. Il faut dire qu'ils sont peu à pouvoir transcender le genre. Le dernier en date et qui me revient à l'esprit est sans doute Ariel Pink dans ses tout premiers albums (The Doldrums, Worn Copy...). Depuis rien, le désert, le vide absolu, le néant. Le problème avec le lo-fi c'est de pouvoir distinguer la fumisterie de l'honnêteté profonde, la volonté de posture de la fatalité du gars qui fait des disques lo-fi parce qu'il n'a pas les moyens de faire autrement. En ce sens le cas de Jimmy Whispers reste une énigme. On ne sait pas trop si ce type est un lamentable escroc ou un artiste qui a tout simplement trouvé sa voie et se contente de ce qu'il a. Comme tout musicien lo-fi, en tout cas bien souvent, Jimmy Whispers semble sortir de nulle part et conçoit à l'arrache des morceaux avec son orgue électrique avec des moyens d'enregistrement on ne peut plus cheap tout en chantant horriblement mal. Summer in Pain est l'exemple type du disque mal produit, fait à la maison et avec les maigres moyens du bord. Du lo-fi pur jus donc. Pourtant, au-delà de la grosse interrogation que le personnage suscite on ne peut s'empêcher de trouver Summer in Pain touchant. Clairement, il n'y a pas de quoi se relever la nuit mais derrière la touche branquignolesque du disque on trouve des morceaux qui tiennent la route et dont le charme, même fragile, fonctionne. Evidemment, par pur principe lo-fi, Jimmy Whispers ne cherche pas la perfection et il reste volontairement bancal. C'est sans doute comme cela qu'il est le plus à l'aise. Donnez lui des moyens, des musiciens, un producteur digne de ce nom et il n'est pas sur que Jimmy Whispers puisse nous toucher de la même manière. Ainsi, l'américain distille ses petites chansons avec candeur et facétie tout en nous parlant d'amour le plus maladroitement possible. Alors oui, il est fort possible que Jimmy Whispers soit sur une autre planète, qu'on le prenne pour un des ces doux cinglés qui se transforme aisément en artiste maudit. Lui n'a sans doute que faire de ces considérations. Il nous offre sa musique dans toute sa sincérité et cela mérite au moins le respect.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 26-04-2015

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