.:.Chronique.:.

Pochette

Deerhoof

La Isla Bonita

[Clapping Music::2014]

|01 Paradise Girls|02 Mirror Monster|03 Doom|04 Last Fad|05 Tiny Bubbles|06 Exit Only|07 Big House Waltz|08 God 2|09 Black Pitch|10 Oh Bummer|

Résumer en quelques mots l'univers de Deerhoof est une mission impossible. Depuis plus de vingt ans le groupe de San Francisco nous a justement habitué à ne jamais s'habituer. Vingt ans après sa création, Deerhoof continue de nous prendre à rebrousse poil et ils n'ont pas l'air fatigué. La Isla Bonita (merde, pourquoi je pense à cet instant à Madonna?) est comme un disque de The Chap, ce n'est pas sérieux pour un sous, c'est sautillant, prenant souvent le contre pied d'un rock trop prévisible. C'est d'ailleurs un peu le cheval de bataille de Deerhoof. Instiller un peu de folie, de la couleur, une vie débordante pour ne pas se laisser aller à des formats musicaux qui se regardent un peu trop le nombril. En soi, la poussée d'adrénaline Deerhoof est comme une remise en cause à chaque disque. Les américains ne cherchent pas l'exploit technique où l'élaboration d'une musique qui arrondirait les angles pour rendre la chose plus acceptable. Le groupe reste dans une logique de spontanéité et de fraîcheur presque naïve qui ne se dément pas. C'est sans doute pour cela que chaque disque de Deerhoof semble être à chaque fois une expérience nouvelle qui diffère de la précédente. Un peu comme The Chap donc. D'ailleurs plus on écoute La Isla Bonita plus on se dit que le parallèle avec le groupe britannique n'est pas ridicule. On retrouve cette même logique bondissante, ces structures alambiquées et cette inaltérable soif d'aventure pop, rock, punk sur les bordures. C'est au moins une chose qui ne changera jamais chez les deux groupes. De fait, La Isla Bonita n'est pas qu'un énième album de Deerhoof qui rabâcherait à chaque fois la même chose depuis deux décennies. Non, c'est un album d'un groupe qui a oublié de vieillir et qui se remet en question à chacune de ses sorties. Si certains devraient en prendre de la graine, les américains, eux, ont compris qu'il ne servait à rien de se prendre la tête et qu'il toujours plus efficace de suivre son instinct. Ce dernier n'est pas forcément le meilleur conseillé mais en ce qui concerne Deerhoof, il leur a plutôt réussi jusqu'ici. Une veine pour nous.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 22-04-2015

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