.:.Chronique.:.

Pochette

Islaja

SUU

[Monika Enterprise::2014]

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Chez Monika Enterprise, quand on accueille quelqu'un dans son sein, c'est toujours une personne qui sort de l'ordinaire. C'est un peu le but de tous les labels, avoir des artistes iconoclastes à son catalogue. Cela fait de votre label, une structure originale et hors norme. Encore faut-il tomber sur les perles rares. Les bons artistes ce n'est franchement pas ce qui manque, les mauvais non plus. C'est sans doute pour cela que tous les labels ne sont pas forcément d'exception. Mais dans le cas de Monika Enterprise, qui, on le rappelle, est la propriété de Gudrun Gut (ex- Einstürzende Neubauten, Malaria  !, Din A Test Bild, Mania D...), on touche à quelque chose de vraiment particulier. En signant la finlandaise Merja Kokkonen aka Islaja, Monika Enterprise cultive une fois de plus sa différence. Label crée par une femme et qui n'accueille que des femmes (ou presque) mais qui ne restreint pas pour autant son public. Et un disque comme SUU (qui veut dire bouche en finlandais) peut donner à penser que l'on s'adresse à un auditoire initié. En fait, plus on écoute SUU, on a tendance à trouver en la jeune femme des accointances avec une artiste comme Laurie Anderson. Mais une Laurie Anderson qui aurait rencontré, au passage, une Nina Hagen des premiers temps avant que cela ne devienne n'importe quoi. De fait, nous avons affaire ici avec une pop électronique assez esthétique et surréaliste qui rappelle justement ce que l'américaine avait pu faire au début des années 80. SUU n'est pas toujours facile à suivre puisque sa logique n'est pas celle d'une pop classique et Merja Kokkonen peut facilement dérouter. Pour autant, il y a bien quelque chose qui agit sur nos esprits, qui les font palpiter. Sous ses faux airs arty, Islaja nous bouscule avec une pop plus sensible qu'il n'y paraît. L'aspect pour le moins cold des morceaux ne doit pas occulter une musique dont l'ampleur et l'assurance dépasse largement la moyenne. Même si Islaja n'en est pas à son premier album (il y en a quand quatre qui précède sans compter toutes les formations auxquelles elle a participé) cela reste pour nous une bonne découverte de pop hors norme, ambitieuse et qui ne se perd pas en route. Monika Enterprise a encore vu juste...

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 22-04-2015

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http://islaja.com/

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