.:.Chronique.:.

Pochette

Chantler, John

Even Clean Hands Damage the Works

[Room 40::2014]

|01 November Pts I + II / Dismantled Cabaret|02 Wollmar Organ / The Knight Firth|

John Chantler est un globe trotter. Australien d'origine, il est vit désormais en Grande Bretagne après avoir vécu deux ans au Japon. Mais, ses lieux de vie n'ont pas été les seuls endroit où il a pu poser ses pieds. Amérique du Nord, Europe, Océanie, Asie... Il n'y a bien que le continent africain qu'il n'ait pas encore visité. Dès lors, comment croire que ses pérégrinations ne l'aient pas influencé un tant soit peu ? Difficile de penser autrement. Quoi qu'il en soit, Even Clean Hands Damage the Works n'est pas son premier album. Largement reconnu pour sa performance avec The Luminous Ground, adoubé par The Wire (qui reste encore à ce jour le meilleur magazine au monde pour toutes les musiques obliques), collaborant avec Tujiko Noriko et Lawrence English, John Chantler est en train de s'imposer doucement (autant aller à son rythme) comme l'un de ceux qui vont compter dans les musiques concrètes et expérimentales dans les années à venir. En tout cas, John Chantler se constitue une discographie solide dont Even Clean Hands Damage the Works fait partie. Perfectionniste, notre homme aura mis deux bonnes années à finaliser son disque et il faut avouer que le résultat est pour le moins convaincant. Constitué de deux longues pièces d'un peu plus d'un quart d'heure chacune, cet album est n'est pas de ceux qui s'écoute sans faire d'effort. En effet, le travail d'écoute est vraiment nécessaire pour saisir les nombreuses subtilités et particularités de ce disque. L'attention que l'on porte à la musique est nécessaire tout le temps me direz-vous. C'est sans doute vrai, nous ne devons pas toujours fournir le même effort selon ce qui nous est proposé. Chaque disque met en évidence un contexte, une attitude à avoir pour l'appréhender dans sa pleine mesure. Pour Even Clean Hands Damage the Works il faut s'attendre à un voyage complexe, souvent torturé, parsemé de détails, de sonorités diverses qu'elles soient lisses ou granuleuses mais, d'une manière globale, on reste dans une approche des plus abstraites. Qualité de production, qualité d'association des sons, de modelage, de conduite de la trame, Even Clean Hands Damage the Works est comme un work in progress, un travail sonore évolutif, une sculpture changeant sans cesse de forme. Il n'y a pas à dire, John Chantler sait où il va et apparaît comme un créateur sonore de talent.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 19-04-2015

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