.:.Chronique.:.

Pochette

Connect_Icut

Crows & Kittiwakes Wheel & Come Again

[Aagoo / Rev.Lab::2013]

|01 Imperial Alabaster|02 Port Shale|03 Fading Twice|04 Carrion Pecking|05 Practice Rot|06 Again Now (For Matt)|

Depuis presque une décennie et depuis son Canada natal, Samuel Macklin nous fait bénéficier de ses talents en sortant de manière assez régulière des disques tout en officiant, de manière aléatoire cette fois, dans d'autres projets (Not Me, hmbkr, The Bastion Mews). Préférant la musique mutante, hybride, faites de détails, de glitch, de nappes électroniques froides et cristallines, Connect_Icut n'oublie pas pour autant que les mélodies ne sont choses négligeables. C'est dans ce contexte que le canadien évolue, comme un spéléologue explorant des espaces souterrains encore inconnues et offrant des paysages irréels. Ainsi, Connect_Icut s'inscrit dans cette veine de compositeurs pour qui l'onirique, cette capacité de plier l'espace en le modelant tel un kaléidoscope sonore est d'une importance primordial. Parfois on pense à Popol Vuh en écoutant ce disque mais aussi à tellement d'autres personnes ont suivi les mêmes chemin faisant rencontrer l'ambiant et le krautrock. Chose qui n'a rien d'impensable, qui a parfaitement fonctionné et ce bien au-delà de l'Allemagne. Parce que oui, un disque comme Crows & Kittiwakes Wheel & Come Again a quelque chose d'universel mais de fantastique en même temps. Il y a tout de suite cette notion de rêve éveillé qui vous vient, qui vous happe, qui vous englobe. Elle ne vous quitte pas. En changeant sans cesse de forme, mais de manière évolutive, sans brutalité, cette musique semble vous dire que tout n'est que mouvement, même s'il est lent, diffus et se déplaçant comme une tâche d'huile. Tel un ruissellement sans fin qui se complaît dans le domaine du sensible, la musique de Connect_Icut passe comme une œuvre à la clarté autant apaisante qu'angoissante. En effet, Samuel Macklin tient à cette ambiguïté qui laisse apparaître des zones d'ombres qui stimulent notre imagination. Tout n'est pas blanc ou noir et il ne saurait être dans le manichéisme le plus basique. C'est pour cela qu'il y a plusieurs strates dans cet album. Pour cela qu'il est plus passionnant qu'il n'y paraît et qu'il nous invite à dépasser nos présupposés. Ce laboratoire sonore est donc à écouter avec la curiosité qu'il mérite tout en essayant de ne pas s'arrêter à la surface. Ce serait alors manquer l'essentiel de ce disque.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 17-12-2014

A voir également :

http://connect-icut.com/

?>