.:.Chronique.:.

Pochette

Belhom, Thomas

Maritima

[Ici d'Ailleurs::2014]

|01 Earthquake|02 Panthère dans les algues|03 Hungary|04 El Cairo|05 Manon|06 Color|07 Krayola|08 South of Tucson|09 Carnaval mou|10 Souvenir hanté|11 Dusk|12 Assada Massala|

Thomas Belhom, cette fois-ci, aura mis moins de temps à donner un successeur à l'un de ses disques. Entre Cheval Oblique et Rocéphine, il s'était écoulé cinq années. Cette fois-ci, deux années auront suffit. Deux années pendant lesquelles Thomas Belhom aura vadrouillé et posé son regard dans des villes qui auront su donner le ton de l'album. De Lisbonne à Honfleur en passant par La Rochelle et Budapest, Thomas Belhom se sera laissé porté par fluviaux et maritimes pour donner corps à ce disque coloré, onirique et songeur. Maritima est plein d'évocations, une déambulation semi-consciente où la normalité côtoie le fantastique, le tout ancré entre les racines américano-françaises de Belhom. Magnifiquement entouré (notamment de Xavier Plumas de Tue-Loup, toujours dans les bons coups), Thomas Belhom nous épate une fois de plus par ces ambiances hors du temps, qui défilent au fil de l'eau, avec cette voix traînante qui oscille entre l'anglais et le française et qui nous raconte des histoires aux couleurs impressionnistes et chaleureuses. Clairement, Maritima n'est pas un disque pour les gens pressés. Il faut alors se poser, prendre le temps d'apprécier chaque volute, chaque sonorité, les arrangements ciselés et cette clarté vagabonde. Comme un peu à chacun de ses disques, Thomas Belhom divague, se laisse aller à la rêverie, fouille dans son subconscient et ressort ses souvenirs pour les étaler devant nous comme s'il avait quelque chose à nous transmettre. Pour autant cette transmission n'est pas vitale dans le sens où elle ne bouleverse pas le cours des choses. Elle n'est là que pour nous transporter ailleurs, dans un univers qui peut être autant fantasmagorique que d'une simplicité désarmante. Celui qui se souvient d'une amnésie (Souvenirs hantés) nous fait par de son expérience accumulée au fil de ses voyages, de ce qu'il a vu, ressenti, aimé et fantasmé. Alors oui, Thomas Belhom est un rêveur. Un rêveur qui évolue dans des paradis artificiels mais pas forcément de ceux décrits par Baudelaire. Ce sont les siens, ses propres mystères qu'il met en musique avec ce détachement si particulier qui le caractérise. Unique.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 08-12-2014

A voir également :

http://www.thomasbelhom.net/

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