.:.Chronique.:.

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Flug 8

Trans Atlantik

[Disko B::2014]

|01 Zeitraffer|02 Konsumprodukt|03 Trans Atlantik|04 Watch Me Grow feat. Mono Girl|05 Musik Aus Metal|06 Android|07 Ostsee|08 Höhenkammer|09 On a Spear feat. Mono Girl|10 Zunkunft|11 Maler|12 Zeckenwalzer|

Qu'on ne me dise pas le contraire. Daniel Herrmann a forcément écouté Kraftwerk. Et pour un allemand qui fait de la musique électronique, le contraire serait particulièrement fâcheux. Pour autant celui qui est derrière Flug 8 ne se limite pas à cette seule référence. Ce serait trop facile et d'autres l'ont déjà fait. Lui, c'est plutôt Kraftwerk et ce qui est venu après. Car, quoi qu'on en dise, et il serait ridicule de prétendre l'inverse, le groupe de Düsseldorf a durablement marqué et influencé la musique électronique allemande et d'ailleurs. C'est comme un héritage, une information inscrite ad vitam eternam dans leur ADN. Nos voisins ne peuvent pas passer outre ou si peu. Ainsi Trans Atlantik contient en lui ce réflexe presque incontrôlable de faire référence à ses glorieux aînés. Mais comme on l'a dit un peu plus haut, Daniel Herrmann ne s'arrête pas là. Il va un peu plus loin en se dirigeant avec cette techno minimale, froide et répétitive qui du krautrock en passant par la new wave et en incluant les évocations simili-industrielles a largement traversé les musiques synthétiques germaniques des années 70 à nos jours. Trans Atlantik est presque un cour d'histoire, méthodique, précis mais jamais ennuyeux. De fait, Flug 8 passe d'une époque à l'autre avec une certaine aisance en redonnant un peu de souffle à ce concept jamais vraiment démodé de l'homme machine popularisé par ces mêmes Kraftwerk. Il n'y a pas de hasard sur ce disque. C'est juste une remise à plat de l'intelligence électronique qui respecte une logique qui s'est enracinée outre Rhin. C'est comme un modèle increvable mais qui ne s'exporte pas forcément, du moins pas sans être profondément transformé. Si l'influence allemande se retrouve un peu partout, elle n'est pas pour autant totale. D'autres ont su apporter des sensibilités différentes (français, anglo-saxons...) mais, ici, c'est bien un disque germano-allemand qui nous est présenté et ce dans ses plus beaux habits. Daniel Herrmann ne renie d'ailleurs pas tout cet héritage robotique et krautrockien (Klaus Schulze en tête si l'on en croit ses dires), il le revendique haut et fort avec toute la rigueur qui sied aux personnes du pays d'en face. C'est peut-être un cliché mais celui-ci est savamment orchestré et utilisé au mieux de ce qu'il peut apporter. Rien ne se perd.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 06-12-2014

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