.:.Chronique.:.

Pochette

Willis Drummond

A ala B

[bIDEhUTS::2014]

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Le haut fait d'arme (en tout cas est il mis en avant comme une fierté gravé dans le marbre) de Willis Drummond est d'avoir fait la première partie de Détroit de Bertrand Cantat à l'Olympia. On ne va quand même pas résumer à cela ce groupe basque qui aura foulé bien des scènes dont celle du Primavera. A ala B est leur troisième album et il est l'illustration de ce que le rock peut avoir d'attrayant mais aussi d'agaçant. Oscillant, selon leurs dires entre AC/DC et Fugazi, Willis Drummond a pris le parti de chanter en basque et de montrer quelques dispositions aux textes engagés. Pour autant, la vision du monde du quatuor n'est pas forcément manichéenne et ne renvoie pas à des clichés fumeux qui nous feraient soupirer de consternation. Non, les textes de Willis Drummond sont ce qu'ils sont, plutôt étoffés et pas toujours dans le combat politique ou la dénonciation d'un monde malade. Quand on écoute un disque comme celui-ci on peut se dire plusieurs choses. La première est sans doute que Willis Drummond est un peu plus qu'un groupe honnête. Les morceaux sont bien rodés, il y a de l'envie et ils ne font pas les choses à moitié. En un mot comme en cent, nous n'avons pas affaire avec des manchots ou de sombres fumistes. Pour autant, Willis Drummond fait du rock comme il y a vingt ans sans autre forme de procès et on se demande si c'est bien ce dont on a envie en ce moment. Faire bouger les lignes en matière musicale c'est ce qu'il y a de plus difficile et les conservatismes ont souvent la vie dure. Et, de fait, des groupes qui fonctionnent un peu comme Willis Drummond sont nombreux ce qui rend la chose un peu plus acceptable. Dans l'absolu, A ala B exploite parfaitement le filon et ne fait pas de faute de parcours mais on se doute que Willis Drummond est au maximum de ses capacités. En soi, ils ne trichent pas, jouent avec fierté un rock sanguin qui sait être nuancé et ne se regardent pas vraiment le nombril. Les basques jouent leur carte à fonds et ils ont plutôt raison. Jusqu'ici, ça leur réussi plutôt bien.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 19-11-2014

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