.:.Chronique.:.

Pochette

Gut und Irmler

500m

[Bureau B::2014]

|01 Früh|02 Chlor|03 Mandarine|04 Traum|05 Noah|06 Auf und Ab|07 Parfum|08 Brücke|09 500m|

Au fur et à mesure que ce disque passe et repasse sur ma platine, l'impression d'écouter le fantôme du Cabaret Voltaire de The Voice of America est de plus en plus présente. Il n'est pas vraiment question de parler ici de plagiat ou de facilité de la part de Gudrun Gut et de Hans-Joachim Irmler. Surtout que ce n'est qu'une des facettes, peut-être la plus frappante, de ce 500m qui aura mis une décennie avant de voir le jour. Il faut dire que les deux monstres sacrés des musiques obliques à l'allemande ont été fort occupés ces dernières années et pouvoir se dégager du temps aura été une problématique récurrente. En fait, cet album tient tout autant du krautrock, de John Carpenter que des expériences passées de la bande à Richard H.Kirk. Comme on pouvait s'en douter 500m est un disque mutant, protéiforme, pas tout à fait minimaliste mais très loin de son opposé. Gut et Irmler ont trouvé un équilibre dans une espèce pop abstraite, électronique et tout à fait dans les fondamentaux germaniques. Et quand les allemands s'y mettent, ils sont imbattables parce qu'ils savent rester constant, millimétrés sans être pour autant prévisibles. Mais qu'on ne s'y trompe pas, Gudrun Gut et Hans-Joachim Irmler sont issus de milieux assez différents mais ils se rejoignent quand il s'agit de mettre en commun leurs propres expériences. 500m est pour ainsi dire un disque hautement réfléchi pour ne pas dire raisonné. Le duo semble explorer à une vitesse métronomique les recoins de notre cerveau, celui-ci étant en activité constante, parfois traversé par des interférences, des voix lointaines, des bizarreries de notre subconscient. Entre expérience spatiale, prolongement krautrockien et évocation industrielle old school, Gudrun Gut et Hans-Joachim Irmler ont réussi à mettre sur pied un disque curieux, jamais ennuyant, en constant mouvement et qui se plaît à se mouvoir à un rythme de sénateur sans nous laisser croire que ce disque puisse être à un moment ou un autre une perte de temps. Sans devoir les mettre sur un piédestal, il faut reconnaître à ces deux personnage qu'ils ont fortement marqué l'histoire de la musique allemande actuelle. Un album comme 500m est sans qu'un aperçu de ce qu'ils ont été capables d'apporter. Pourtant, après de nombreuses années d'activisme, Gut et Irmler se sont sans doute assagi mais ils n'ont pas perdu cette capacité à défier l'ordinaire sonore pour le faire entrer dans l'extraordinaire.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 29-10-2014

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http://www.gudrungut.com/

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