.:.Chronique.:.

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Shrine

Nihil

[Cyclic Law::2013]

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Le quatrième album de Hristo Gospodinov aka Shrine est sans doute le plus sombre mais aussi le plus crépusculaire qu'il n'ait jamais fait jusqu'ici. Les deux ne sont pas incompatibles et le dark ambient, dans son ensemble, manifeste cette dualité avec une certaine maîtrise. Nihil (on ne saurait trouver mieux comme titre) est une mise en abîme qui ne laisse aucun espoir de remonter à la surface du jour. Le nihilisme est à ce prix, cette notion qui dénie tout sens à l'existence humaine, qui l'enfonce dans un état cathartique et explorant la désolation torturée des abysses. Pourtant, la noirceur du propos et son pessimisme permanent ne l'empêche absolument pas de développer une musique organique et spatiale qui évite d'être trop dans la netteté. En effet, on constatera que Shrine apprécie particulièrement les nappes électroniques troubles et rêches. Associez à cela des éléments naturalistes et des voix déchirées et vous aurez une idée à peu près correcte de ce que ce disque dégage en terme d'évocation souterraine et sombre. Pourtant, Nihil n'est pas un disque oppressant dans le sens où vous ne vous sentez pas prisonnier et agressé par la chose. Non, ce disque est comme une sorte d'exploration lente dans les affres de nos consciences abîmées et une pénétration aboutie dans les recoins les plus sombres de l'humanité. Donc, non, il ne peut être question d'espoir ici mais bien une sorte de désespérance qui s'appuie sur une musique qui évolue tel un léviathan imperturbable. Shrine semble nous dire qu'il ne peut y avoir d'issue même si les paysages sont sans cesse changeants, refusant ainsi que le monde, même dans les profondeurs, puisse être identique. De fait, rien n'est jamais unique même dans les cas les plus hermétiques. Mais d'hermétisme il ne sera pas question ici. Shrine n'est pas dans une optique monolithique et simpliste. Son angle d'attaque, si l'on puisse dire ainsi, est dans une musique descriptive et éminemment variée. Shrine a compris que les ambiances neurasthéniques et monocordes ne mènent à rien et, surtout, nulle part.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 21-09-2014

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