.:.Chronique.:.

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A Singer Must Die

Venus Parade & More Songs Beyond Love

[Autoproduction / Modulor::2014]

|01 Opening Night|02 Smoky Mourners|03 Black Limo|04 Still Worlds|05 The Sordid Tango|06 Feel Foot Wood|07 By the Down of Monday|08 The Fortress|09 The Majestic Walk|10 Christmas Will Never Be As It Was|11 As If We Could Make Unique Things Twice|12 A Right Arm Beyond Love|

Dans le registre indie-pop raffiné on a toujours connu une sorte de concurrence pas toujours loyale afin de déterminer les groupes les plus classes du monde. Ou, à défaut, de l'hexagone. Voire au niveau régional. Ou moins. Bref, cette concurrence existe et si certains la prenne vraiment au sérieux d'autres préfèrent tracer leur propre route sans se soucier de ses petits voisins. C'est un peu le cas de A Singer Must Die qui poursuit une belle aventure sans regarder dans le rétroviseur. Après un album et deux ep, les nanto-angevins reviennent avec un album produit par un Ian Caple qu'on ne présente plus. Depuis, leur début, A Singer Must Die (un nom à priori emprunté à une chanson de Léonard Cohen) n'ont cessé de peaufiner leur pop pour en arriver à ce disque qui commence en clair obscur pour le voir peu à peu passer de l'aurore à un zénith solaire que l'on ne retrouve que chez les anglo-saxons. D'ailleurs, tout chez eux est inspiré par nos voisins d'outre Manche et même au-delà de l'Atlantique. Ils ne s'en cachent et il est même préférable de l'assumer pleinement. Les choses deviennent dès lors plus faciles. Sans doute plus proches de Pulp, Blur et de The Divine Comedy, ce nouveau disque est surtout l'affaire de Manuel Ferrer et de Manuel Bichon qui sont les vrais maîtres à penser de cette nouvelle aventure. Tourné vers des orchestrations travaillées et riches, Venus Parade & More Songs Beyond Love est aussi la preuve que l'on peut faire des chansons qui peuvent sortir du cadre stricto-sensu franco-français sans que cela soit ridicule ou honteusement plagié sur les héros d'antan ou d'aujourd'hui. En fait, ce temps où l'on pouvait nous montrer du doigt avec un mépris à peine dissimulé est quasiment révolu. Certes, ce n'est pas à A Singer Must Die que l'on doit un tel retournement de situation mais ils ont nettement participé à créer ce genre de déclic. Et pourtant, il y a encore pas mal de boulot avant de se débarrasser de l'héritage de groupes comme Téléphone, groupe complètement surestimé, dont l'un de ses membres est en train gentiment de perdre le peu de crédibilité qui lui restait en participant à une émission de télé-crochet. La démarche de A Singer Must Die n'est certes pas comparable à Téléphone (les deux groupes n'ont même rien en commun...) mais ils n'ont pas forcément cette notion de frontières et ne tiennent pas beaucoup à sonner comme un groupe français tel qu'on peut se l'imaginer avec tous ses clichés, ses mauvaises manies. A Singer Must Die s'est débarrassé depuis longtemps de tout cela et représente aujourd'hui une pop de qualité et racée telle qu'on peut la concevoir. Venus Parade & More Songs Beyond Love n'a qu'un seul but : celui de servir la cause pop et de la faire perdurer. Cependant, ce n'est pas chose facile et il faut se montrer à la hauteur. A tous les niveaux le groupe se montre en capacité de le faire. Ecriture intelligente, production aux petits oignons, arrangements soignés pour un disque qui délivre une douzaine de chansons de hautes volées et qui s'achève par un titre plus personnel pour Manuel Ferrer. En effet, A Right Arm Beyond Love évoque la disparition récente de son père et se pose comme une conclusion sereine et crépusculaire comme un au revoir amical et affectueux. A Singer Must Die montre le meilleur de lui même et en ce sens le meilleur de la pop.

note : 8.5

par Fabien, chronique publiée le 03-09-2014

A voir également :

https://soundcloud.com/asingermustdie

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