.:.Chronique.:.

Pochette

Angel

Terra Null

[Editions Mego::2014]

|01 Naked Land|02 Monolake|03 Colonialists|04 Quake|

Je fus mauvaise langue en disant, trois ans auparavant, que Schneider TM était quelque peu plongé dans le formol. Un an après 26 000, Dirk Dresselhaus sortait un disque (Construction Sounds) sous le pseudo qui l'a rendu célèbre. En fait, Dresselhaus, comme son comparse Ilpo Väisänen, ne s'est jamais vraiment arrêté, participant à divers projets avec des musiciens de renom comme tout récemment avec Reinhold Friedl (Zeitkratzer). Ici, c'est Angel qui est réactivé pour un nouvel album sur lequel on retrouve Hildur Gudnadottir (comme sur 26 000 d'ailleurs) et Lucio Capece. Une formule à quatre qui a fait sien le concept de réduction. Drones, instruments préparés, oscillateurs, effets sonores divers vont former une musique légèrement en apesanteur et dont la lenteur permet de cerner toute sa teneur. Pour autant, et comme souvent dans ce genre d'exercice, il ne saurait vraiment être question de minimalisme. La somme des instruments utilisés plaide pour une éloignement logique du minimalisme. L'absence de mélodie et l'aspect définitivement abstrait des compositions ne peuvent être des éléments déterminants pour en appeler à une approche musicale fonctionnant sur le principe d'une limitation globale des constructions sonores de Terra Null. Même si Angel revendique pour ce disque une vision réductionniste et simplifiée de leur musique, il faut surtout comprendre que cette formation à géométrie variable joue surtout dans un environnement serré où chaque instrument peu évoluer en fonction du peu d'espace qui lui est dévolu. En fait, cette réduction n'est que de façade car Angel semble agir comme s'il voulait repousser les limites qu'ils se sont eux mêmes imposés. Mais, pour ce faire, ils n'agissent pas brutalement. Etirements et distorsions façonnent cet environnement à tendance claustrophobe comme s'il s'agissait de réaliser un travail de sape pour briser les murs. Le décorum est sobre et tout aussi sombre, la lumière ne traversant que très partiellement ce territoire obscur et nihiliste. Cependant sur cette terre tout n'est pas que désolation. C'est un peu plus que cela, plus ambigu, plus contrasté, entre le noise et le drone pur, pour bien signifier que la frontière entre les deux est souvent bien mince. Sans être des plus novateur, Terra Null reste une belle pièce expérimentale qui sait magnifiquement associer l'organique et le synthétique.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 26-08-2014

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