.:.Chronique.:.

Pochette

Icarus Line, The

Slave Vows

[Agitated Records::2013]

|01 Dark Circles|02 Don't Let Me Save Your Soul|03 Marathon Man|04 Dead Body|05 No Money Music|06 City Job|07 Laying Down for the Man|08 Rats Ass|

Les américains de The Icarus Line font partie de ces gens qui auraient pu être immensément connu mais qui, finalement, ne l'ont jamais été. Il faut dire que le parcours du groupe aura été particulièrement chaotique. Entre un personnel changeant, des membres bons à enfermer et des labels peu scrupuleux (on pense surtout à Aaron North qui s'en est retourné chez sa maman façon Syd Barrett), The Icarus Line s'est très vite retrouvé dans la posture du groupe maudit appelé à devenir culte dans son quartier d'origine. Ceci dit, on constate qu'ils sont toujours actifs et que les aléas du rocker lambda n'ont pas trop entamé leur moral. Slave Vows en est la meilleure des illustrations. Un disque où leur post-hardcore peut facilement rencontrer et se diluer dans l'univers des Swans, des Nick Cave première époque, et autres Stooges tout en effleurant celui de Suicide. The Icarus Line ne fait d'ailleurs pas dans la dentelle, estimant que pour impressionner son petit monde, il faut jouer fort, très fort. Qu'on se le dise, jouer à plein volume n'est pas forcément un cache misère. The Icarus Line ne fait pas du bruit pour faire du bruit. La subtilité du groupe est bien plus grande et il suffit de bien écouter ce qu'ils font pour apprécier la complexité et les nombreuses nuances de ce qui nous est proposé ici. Slave Vows s'impose certes par la force mais pas que. Il y a dans ce disque autre chose qu'un simple affrontement sonique qui vous mettrait devant le fait accompli. La puissance sonore s'accompagne toujours chez The Icarus Line de composition autant soignées que torturées et portées vers les profondeurs. De fait, Slave Vows ne s'assimile pas fatalement du premier coup. Il faut apprivoiser la bête et se mettre à sa hauteur sous peine de perdre rapidement pieds. Il faut dire que The Icarus Line abuse parfois des stridences faisant croire à tout le monde que c'est ce qu'il y a de plus important dans la musique du groupe. Le croire c'est évidemment se tromper. Même si on a bien conscience que Slave Vows n'est pas le disque du siècle, on admet aisément qu'il n'est pas sans idées et sans volonté. Cette façon de de trouver une synthèse dans leurs influences comme si de rien n'était est assez intéressante même si on n'est pas dupe de la provenance de la plupart des idées. Peu importe, Slave Vows est un disque qui fonctionne et qui peut vous réconcilier avec la furie électrique si jamais vous étiez fâché avec.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 25-07-2014

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http://theicarusline.com/

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