.:.Chronique.:.

Pochette

David-Guillou, Angèle

Kourouma

[Village Green::2013]

|01 Anti Atlas|02 Hesperides|03 But I Am Joyful|04 And the Grass Was Singing|05 Our Garden|06 Ubari Sand Sea|07 Kourouma|08 Kuril|09 Dream of Leonor Fini|10 Accalmie|11 L'enfer c'est les autres|12 Contrescarpe II|

Après avoir participé à Piano Magic, The Go ! Team et Ginger Ale, sorti un disque sous le nom de Klima, Angèle David-Guillou nous revient dans le plus simple appareil avec un album intimiste dont la ligne directrice est détenue principalement par un piano. Principalement, parce qu'il arrive qu'un violon, un , un tambour ou même sa propre voix viennent bousculer délicatement l'ordre des choses. Cependant, c'est bien l'intimité qui l'emporte ici, une ambiance autant céleste que surannée qui rappelle les premiers élans d'un Yann Tiersen mais aussi ces divagations d'un autre temps qui va de Satie à Debussy en passant par Chopin et Fauré. On se croirait dans une peinture impressionniste fait d'un paysage paisible aux couleurs éclatantes qui permettent cette teinte quelque peu nostalgique vous envahir. Il est quasiment inévitable de faire ce genre de comparaison tant cela vient tout de suite à l'esprit. On ne sait pas vraiment si Angèle David-Guillou y a pensé. Peut-être pas après tout mais ce qui ressort de Kourouma (un titre qui fait référence à l'écrivain Ahmadou Kourouma disparu dix ans plus tôt) c'est qu'il met en évidence une musique sensible qui vient immanquablement du cœur et qui ne peut pas s'apprécier dans un environnement perturbé par la furie du monde moderne. Même si la jeune femme s'éloigne de ce qu'elle a pu faire jusqu'ici, il ne faut pas croire que le ton de Kourouma est fatalement passéiste. D'ailleurs, il ne l'est pas. La forme musicale qu'elle a fait sienne est tout simplement intemporelle et traverse les époques sans prendre la moindre ride. Certes, Kourouma n'est pas un album si vieux que cela mais il aurait pu être enregistré il y a dix, vingt ou cinquante ans auparavant qu'on aurait rien trouvé d'anormal. Ce qu'il est difficile de contourner, par contre, c'est la beauté absolue de ce disque. Il ne suffit pas de faire quelques volutes avec son piano faire chavirer l'âme. Angèle David-Guillou est fait d'un autre bois. On savait qu'elle était capable de belles choses, ses albums sous le nom de Klima en étaient la preuve formelle. Ici, elle nous prouve qu'elle peut changer de registre avec un naturel confondant et se montrer réellement passionnante et touchante. Un être à part, assurément.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 14-07-2014

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