.:.Chronique.:.

Pochette

Perrier, Laurent

Plateforme #1

[Baskaru::2014]

|01 Felix Kubin|02 Lawrence English|03 Gianluca Becuzzi|

On a eu l'habitude d'entendre Laurent Perrier sous différent contextes. Que ce soit sous l'entité Zonk't, Heal, Pylône, Cape Fear ou Nox (dans lequel il aura été aux côtés de Laurent Pernice), Laurent Perrier a toujours su changer de corps afin de nous proposer une musique iconoclaste et tout aussi radicale. Ici, et bien qu'il sorte ce disque sous son propre nom, c'est un nouveau projet qu'il entame. Un projet qui a pour nom Plateforme et qui sera, à priori, une trilogie qui prend forme avec ce premier volume. Le principe est on ne peut plus simple. Laurent Perrier a demandé à plusieurs compositeurs de musique électronique expérimentale (en l'occurrence ici, Felix Kubin, Lawrence English et Gianluca Becuzzi) de lui fournir du matériel sonore de leur choix afin que cela lui serve de base à une construction qui sera, elle, de son fait. Perrier, n'imposera rien à ses interlocuteurs. Ces derniers donneront ce qu'ils veulent et dans la quantité qu'ils veulent. Ensuite, c'est à Laurent Perrier de se débrouiller avec ce qu'il aura récolté. L'unique demande du français aura été qu'on lui donne une matière sonore qui ressemble un tant soit peu à ce que Kubin, English et Becuzzi font habituellement. Si certains auront envoyé beaucoup de choses, d'autres auront été plus avares mais le challenge n'en était pas moins intéressant. Qu'on se comprenne bien, il ne s'agit pas ici d'un simple travail de remix mais bien d'une réflexion nouvelle sur un matériel brut. Laurent Perrier était alors absolument libre d'assembler comme bon lui semble ce qu'on lui avait fait parvenir. Il en résulte trois pièces qui portent chacune le nom de l'artiste d'origine et qui, dans la forme, sont inévitablement très différentes. La première pièce consacrée à Felix Kubin est sans doute la plus étonnante du fait de sa variété, de son caractère proche de la musique concrète et agissant comme un véritable laboratoire sonore qui correspond assez bien avec l'esprit débridé de l'allemand. Les deux autres morceaux consacrés à Lawrence English et Gianluca Becuzzi sont sans doute plus sobres. Le premier se réfugiant dans des nappes électroniques épaisses et étirées qui prendront de l'ampleur tout en perdant en netteté pour approcher l'idée d'un drone altéré, noisy, inquiétant voire menaçant. Pour le second, on reste dans une forme minimaliste mais plus dans une orientation glitch. Laurent Perrier favorise ici une sorte de ruissellement sonore qui n'est jamais uniforme. Cette idée de l'aléatoire permanent donne toute sa force à cette composition qui clôt admirablement ce disque. En soi, ce premier chapitre de la série Plateforme est une réussite. Cela n'était pas gagné d'avance mais Laurent Perrier a encore montré sa capacité à transformer la matière pour la rendre méconnaissable mais terriblement belle.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 09-07-2014

A voir également :

http://www.soundonprobation.com/acceuil.html

http://www.baskaru.com/

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