.:.Chronique.:.

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Stellastarr*

Stellastarr*

[RCA::2003]

|01 In The Walls|02 Jenny|03 A Million Reasons|04 My Coco|05 No Weather|06 Moongirl|07 Somewhere Across Fever|08 Homeland|09 Untitled|10 Pulp Song|

Stellastarr* avec ce premier lp éponyme est le dernier groupe en date porté au firmament de la décidément bien chargée constellation "renouveau rock" de New York City. Attention rock au sens large et pas seulement garage rock ; si la guitare d’intro d’"In The Walls" peut évoquer celle du récent "Automatic Stop" des Strokes, on se rend effectivement très vite compte que le son est ici beaucoup plus léché (ironie : le producteur Tim O Heir est surtout connu pour ses travaux avec des références lo-fi comme Sebadoh ou The Folk Implosion) et les ambitions plus proches de celles de groupes vétérans réputés « artys » comme Roxy Music ou Talking Heads. Du reste le leader du groupe, Shawn Christensen, a rencontré ses 3 acolytes dans une école d’art de Brooklyn...

Très années 80, les influences musicales les plus évidentes sur cet album sont Cure, Echo and the Bunnymen et surtout Joy Division : même voix sépulcrale -quasi-théâtrale- et guitares abrasives comme du diamant (Interpol n’est jamais loin non plus, sur "My Coco" par exemple). Plutôt sombre, le tout n’est toutefois pas gothique et tourbillonne même fréquemment dans un vent de folie pop -mini-réplique de l’ouragan B 52’s- voire disco.

Ceci dit, contrairement à d’autres dont la collection de vinyles semble se réduire uniquement à la production discographique d’une année précise, ce groupe connaît aussi le meilleur du rock des années 90. Démarrant comme une chanson de Pulp période Different Class*, Jenny est ainsi clairement l’un des plus stimulants et brillants hommages aux Pixies jamais entendu avec notamment une bassiste (Amanda Tannen), jamais avare de « bah dah bah bah », plus Kim Deal que jamais. Elément clé de la formation, les choeurs éthérés de cette dernière juste avant que Shawn confesse sur "A Million Reasons" « I only want what I can't have » rappellent eux les meilleurs moments de My Bloody Valentine. Un peu plus loin, l’épique montée progressive en intensité de "Moongirl" lorgne quant à elle plutôt du côté de Sonic Youth. Etc.

A ce point de la chronique, vous vous dites sûrement et à raison de par son allure de catalogue : « mouais encore un groupe qui brasse des classiques que je connais déjà par cœur et n’apporte finalement rien de neuf. Autant écouter les originaux ». Et bien en l’occurrence, vous commettriez alors une regrettable erreur car le groupe fait surtout preuve à travers la plupart de ces 10 titres d’un sens de la dynamique rare (No Weather) ainsi que d’une maîtrise du changement de rythme et de la rupture (Homeland) que beaucoup d’anciens pourraient lui envier !

Avec un tel talent pour transcender ses multiples influences et un songwriting touffu toujours au service de vraies chansons (Untitled), ce groupe possède indubitablement toutes les cartes en main pour ne pas devenir une des nombreuses étoiles filantes de la galaxie pop rock moderne et emprunter la voie (lactée) du succès. Je relèverai d’ailleurs pour finir, qu’à la manière de Sune Rose Wagner des Raveonettes (autre grand en devenir à mon humble avis), Shawn Christensen détient cette prodigieuse capacité à écrire des chansons sur l’amour à tous ses stades immédiatement familières et qui n’en ont surtout pas l’air. Difficile à la première écoute de l’euphorisant "Jenny" d’imaginer que ce morceau a été écrit à propos d’une fille qui a littéralement anéanti la vie d’un des meilleurs amis du leader. « Love can destroy everything » comme disait l’autre.

note : 8.5

par Thomas F., chronique publiée le 01-11-2003

p.s. : Le groupe se produira bientôt à Paris dans le cadre du festival des Inrocks 2003.
*La propension, parfaitement assumée, du chanteur à abuser d’intonations très brit pop ne fera pas l’unanimité. Honnêtement, je dois avouer qu’il m’a fallu plusieurs écoutes avant de passer outre cette réserve. Par conséquent n’hésitez pas à insister ;).

A voir également :

http://www.stellastarr.com/

http://www.shawnyboy.com/

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