.:.Chronique.:.

Pochette

Vitiello, Stephen & Berg, Molly

Between You and the Shapes You Take

[12k::2013]

|01 Frome Here|02 Back Again|03 Radio Flyby|04 Voice L-|05 Five (Was 5)|06 Recap (With Violin)|07 Baritone Final|08 Clarinet Assembly|09 Easy Travel|10 Another End|

Deuxième collaboration entre Stephen Vitiello et Molly Berg après The Gorilla Variations, toujours chez 12k, paru en 2009. D'ailleurs, chez ce premier, les collaborations ce n'est franchement pas ce qui manque (Tetsu Inoue, Andrew Deutsch, Machinefabriek, Steve Roden...). Une de plus, une de moins... En fait, c'est probablement ce qu'il y a de plus intéressant chez un artiste. Pouvoir associer son art à celui d'un autre est toujours enrichissant. Le fait que la collaboration est renouvelée est un signe de bonne entente et que la première expérience était soit concluante soit méritait d'être poussée plus avant. Ainsi, on reprend les choses là où on les avait laissées, Molly Berg reprenant son rôle à la clarinette et aux vocaux, Stephen Vitiello à la guitare aux traitements électroniques. A noter la présence du violoniste Hahn Rowe du groupe Hugo Largo sur deux morceaux. Ce qui se joue sur Between You and The Shapes You Takes est une musique diaphane et rêveuse qui se déplace avec soin dans les brumes. Le duo avance doucement, prenant le temps de regarder autour de soi et faire comme ce que le titre suggère c'est à dire prendre l'ombre qui se situe dans l'entre deux. L'aspect abstrait et fantomatique fait que le duo est en dehors des frontières du réel, évoluant sereinement dans un environnement fantasmé aux couleurs sépia. Stephen Vitiello et Molly Berg s'adonnent à ce type de musique vagabonde qui effleure nos sensibilités, nous brusque jamais et s'éloigne de toute tension perturbatrice. En un sens, même si c'est moins linéaire et rempli de nuances, Between You and the Shapes You Take peut aisément se ranger dans les expériences ambiants qui n'ont eu de cesse de muter pendant les quarante dernières années. Parce que oui, l'ambiant ne saurait être qu'une longue litanie de drones ou de nappes électroniques uniformes. D'ailleurs, il suffit de relire David Toop pour savoir que cela n'a jamais été cela et que l'ambiant a su prendre différentes formes du fait de sa multiculturalité. Ce disque en est alors la parfaite illustration et dont la beauté profonde paraît indiscutable.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 03-07-2014

A voir également :

http://www.stephenvitiello.com/

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