.:.Chronique.:.

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Plaid

Reachy Prints

[Warp::2014]

|01 OH|02 Hawkmoth|03 Nafovanny|04 Slam|05 Wallet|06 Matin lunaire|07 Tether|08 Ropen|09 Liverpool Street|

Quand on y pense, Plaid, c'est toute une époque quand même. Celle des belles années de Warp où tout le monde s'enthousiasmait pour Autechre, Aphex Twin, Nightmares on Wax, LFO, Red Snapper, puis dans une sorte de seconde vague des gens comme Squarepusher et Plaid, donc... Le bon temps. Mais il n'y a pas lieu de s'appesantir sur ce qui fut mais sur ce qui est. En tout cas, Ed Handley et Andy Turner (qui font également parti de The Black Dog, formation encore existante et qui est aussi un ancien pensionnaire de Warp) sont toujours présents et font montre d'une dextérité qui n'est pas anodine. Disque d'IDM presque à l'ancienne, mais pas que, Plaid se veut volontiers volubile mais jamais agressif. Reachy Prints n'est pas de ces disques anguleux qui se révèlent souvent un peu trop sec. Non, il préfère sans mêmes réfléchir les volutes, les courbes, les vagabondages bondissants et les rêves semi-conscients. En fait, même si dans les sonorités synthétiques on se remémore celles qu'on entendait quasiment vingt ans plus tôt, il y a toujours une sorte de modernité chez Plaid qui va au-delà du simple bidouillage électronique. Il y a même plusieurs lecture à leur musique qui n'est jamais linéaire. Complexe sans l'être vraiment, Plaid réussi ce tour de force à rendre limpide ce qui ne devrait pas l'être. Certes, on peut regretter que le duo n'est pas spécialement dans le renouvellement mais rien que des morceaux comme OH ou Liverpool Street sont des preuves suffisantes que les britanniques ne sont pas à la traîne ni même qu'ils ne font qu'entretenir de vieilles recettes. On n'ira pas jusqu'à dire que tout est parfait mais il y a suffisamment d'éléments pour admettre que Plaid est encore dans nos bonnes grâces. Et ce n'est pas le fruit du hasard. Si leur musique est toujours aussi souple c'est qu'ils ont entretenu pendant longtemps une réflexion et une recherche sur la fluidité de l'IDM qui n'a jamais semblé s'arrêter. De fait, l'approximation n'a pas sa place ici. Tout y est pensé, pesé, à sa place mais, à contrario, il ne saurait y avoir de cloisonnement. Le principe de liberté est alors fondamentale. Et c'est bien cela le fonds de la démarche de Plaid. En plus d'être une musique à faire danser les cerveaux, elle est surtout libre. Ca n'a pas de prix.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 28-06-2014

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http://www.plaid.co.uk/

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