.:.Chronique.:.

Pochette

Mannerfelt, Peder

Lines Describing Circles

[Digitalis Recordings::2014]

|01 Collapsion|02 Lines Describing a Circle|03 Affricate Consonants|04 Gulo Gulo Caesitas|05 Alpha Waves|06 Derrvish|07 Nihilist 87|08 Evening Rednes in the West|09 In Place of Once Was|10 Rotterdam Anagram|

On est forcément tombé un jour ou l'autre sur un morceau de The Subliminal Kid ou de Roll the Dice. Au pire des cas on l'aura croisé comme un homme de l'ombre pour Fever Ray ou collaborant avec Van Rivers. C'est donc avec un plaisir non dissimulé que l'on retrouve Peder Mannerfelt sous son réel patronyme pour un album de musique électronique abstraite et post-industriel ou les relents cliniques et schizophrènes atteignent largement ce qu'on a déjà pu entendre chez les maîtres du genre comme Pan Sonic ou Ryoji Ikeda. Il y a cependant une petite nuance à apporter à ce que fait Mannerfelt. En effet, ce dernier fait sans doute plus référence aux élans expérimentaux et industriels que l'on a connu dans les années 80. Pour autant, il ne reste pas enfermé dans cette époque et parvient à faire une synthèse de la musique électronique minimale et névropathe qui n'a eu de cesse d'évoluer ces dernières décennies. En soi, Lines Describing Circles est un disque qui n'a pas d'âge et qui ne s'inscrit pas vraiment dans une époque particulière. Il traverse les âges sans donner le sentiment d'appartenir à quiconque. Par contre, en terme de pathologie, il se pose bien comme un album anxieux, répétant à l'envie des idées finalement assez simples mais dont la mise en forme lui procure une aura assez particulière. En fait, Mannerfelt fait ici ce que tout le monde devrait faire avec le tout digital. Il oublie ce que veut dire la propreté, les arrangements trop bien soignés, les créations trop bien produites pour qu'elles soient totalement honnêtes. Il se met sciemment en danger en élaborant une musique poisseuse qui est tout autant basé sur des rythmes simples mais efficaces. Il explore les espaces souterrains, ces endroits clos où la lumière ne passe que si peu, qui est largement par l'humanité, laissant par la même pénétrer toutes les impuretés. Manifestement, Peder Mannerfelt est à son aise dans cet environnement et ses drones sont comme des têtes chercheuses qui naviguent dans ces espaces abandonnés sans but précis et dont l'activité semble infatigable. Un bel exemple de musique grise qui enrichi pleinement une matière qui est de la même couleur.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 25-06-2014

A voir également :

https://soundcloud.com/the-subliminal-kid

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