.:.Chronique.:.

Pochette

Nilsen, BJ

Eye of the Microphone

[Touch::2011]

|01 Londinium|02 Coins and Bones|03 Twenty Four Seven|

Chez BJ Nilsen, ses albums ne sont que rarement le fruit du hasard ou d'une envie spontanée. D'un autre côté, le suédois n'attends pas non plus qu'on lui passe commande pour qu'il daigne bouger le petit doigt. Ce disque est né de travaux fait dans le cadre d'une bourse qu'on lui a accordé en 2012 pour une résidence d'un an à Londres. Le but initial était pour Nilsen d'introduire le son comme une pratique de l'art auprès des étudiants mais ses recherches ont fatalement débordées et se sont axées sur la ville de Londres en elle même. Le thème de la ville ou de l'urbanité n'est pas nouveau chez BJ Nilsen. Déjà dans son précédent disque, The Invisible City, c'était le sujet central. Cela revient comme un leitmotiv chez lui. Les sons de la ville, celles que l'on fantasme, que l'on découvre sous un jour nouveau. Pour ce disque, il lui aura fallu déambuler de jour et de nuit pour collecter les sonorités nécessaires à la conception de Eye of the Microphone. Plus personne ne doute que BJ Nilsen est devenu un maître esthète du field recordings. Plus personne ne doute que ses constructions sonores sont d'une précision telle qu'on se sent littéralement happé par ces environnements fantasmagoriques qui, malgré tout, renvoient à des lieux précis. Des lieux que BJ Nilsen traverse ou explore, s'en imprègne et garde d'eux un souvenir auditif net et précis qui prend de l'ampleur lorsqu'il donne un nouveau corps à la matière qu'il a recueilli. Cela se passe toujours un peu ainsi avec le field recordings mais il serait assez hasardeux de penser que ce n'est qu'un tour de passe passe, une manière aisée de faire une musique à peu de frais. Oui, très hasardeux parce que le field recordings répond à un processus créatif qui reste complexe mais qui exclu tout cloisonnement. La musique, aussi abstraite soit-elle (et encore faudrait-il s'entendre sur ce que l'on bien comprendre par le terme abstrait) qui est faite par BJ Nilsen est tout aussi imaginative qu'elle renvoie à des images précises. L'accompagnement électronique de tout cela rajoute à la coloration particulière de l'ensemble qui mêle les éléments urbains que ceux plus organiques. Le tumulte urbain n'est pas ce qu'il y a de plus anormal. Il fait partie de la vie. Celui de Londres a son identité propre et c'est ce qui ressort de ce disque.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 08-06-2014

A voir également :

http://www.bjnilsen.com/

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