.:.Chronique.:.

Pochette

Lufdbf

Drei

[Autoproduction::2014]

|01 Bras ballants|02 Un instant|03 Nomade|04 Papillons de nuits|05 Sans écho|06 Sur les hauteurs|07 Tout nous compose|08 Le bruit |09 Volage|10 Le banquet|11 T'es qui toi ?|

On espérait bien que Deux puisse avoir un successeur. C'est désormais chose faite et l'on a bien d'attendre car le duo Lufdbf, qui ne s'est jamais vraiment cassé la tête pour les titres donnés à leurs disques, a pris le temps de la réflexion pour accoucher de nouveaux morceaux de haute volée. Repassé dans le giron de l'autoproduction, après un passage chez Acid Cobra, Lufdbf poursuit son voyage aux confins de la nuit là où les détails les plus insignifiants prennent toute leur importance. Poursuivant sur la lancée de Deux, Fred Debief et Thierry Lorée déclament leur expérience de la vie, ses petits défauts, ses travers, regardent ce que nous ignorons au quotidien et en font des sujets de rêveries surréalistes. Toujours avec cette voix monocorde accompagnée par une musique qui exploite pleinement chaque parcelle de terrain sur laquelle elle évolue, Lufdbf se veut aussi imaginatif au niveau des textes que dans la forme musicale. Toujours dans cette veine qui va de Philippe Poirier à Rodolphe Burger en passant par l'inévitable et regretté Alain Bashung (si on fait abstraction des légers clins d'œils à Erik Satie), Lufdbf sait donner une couleur particulière à ses vagabondages. A l'évidence le duo ne dispose pas de moyens mirobolants mais ils savent tirer le meilleur de ce qu'ils ont à leur disposition. Sans faire pour autant des miracles, ils parviennent à créer cette illusion quasi magique qui vous aide à rendre léger les gravités de la vie. Enfin, c'est surtout le ton qui est grave car, dans le fonds, Drei n'est pas un album spécialement pessimiste. Il joue avec les mots, les mélodies fuyantes, rêveuses et fouineuses. Si ce disque peut se prendre comme un voyage vers l'ailleurs, on se rend compte que cet ailleurs n'est peut-être pas si éloigné qu'on le croit. C'est juste ici l'aventure du quotidien, cette capacité de rendre surréaliste ce qui nous arrive chaque jour, les petites blessures comme les joies même les plus infimes. Le regard de Lufdbf n'est pas si détaché que cela. Il est juste dans un réalité différente qui transforme l'habituel en poésie moderne. Une poésie moderne qui observe autant qu'elle agit sur notre imaginaire. C'est le voyage au bout de la nuit qui se poursuit et on préférerait qu'elle ne se termine jamais.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 03-06-2014

A voir également :

http://lufdbf.bandcamp.com/

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