.:.Chronique.:.

Pochette

Irisarri, Rafael Anton

The Unintentional Sea

[Room 40::2013]

|01 Fear and Trembling|02 Her Ritual|03 The Witness|04 Daybreak Comes Soon|05 Lesser Than the Sum of Its Parts|

Tout se situe dans l'intention. Et ne croyez pas autre chose. On a tout fait ou presque dans l'ambiant et cela fait un paquet de temps que le genre ne renouvelle plus grand chose si ce n'est les générations d'amateurs (ce qui n'est déjà pas si mal en soi). Rafael Anton Irisarri fait parti de cette nouvelle génération de compositeur-musiciens qui garde les pieds sur terre (enfin, façon de parler) qui sait pertinemment qu'il sera très difficile de faire évoluer le genre. Alors, oui, tout se situe dans l'intention, du souffle que l'on donne à sa musique et de la capacité à la rendre aussi belle que possible sans forcément rentrer dans un académisme forcené. Influencé par Satie, Mahler, Debussy ou Wagner, Irisarri étend son champs de vision au-delà de la simple sphère musicale. En effet, ses sources d'inspirations sont autant littéraires (Camus, Quiroga, Saint-Exupéry) que cinématographique (Lynch, Herzog, Medem...). De plus, l'américain ne s'est jamais senti enfermé dans la nébuleuse ambiant. Ses explorations musicales sont plus vastes allant du post-minimalisme, au drone en passant par la musique contemporaine. Avec The Unintentional Sea, Irisarri se situe dans une ambiant délicate, vaporeuse et organiques où les micro-textures, souvent à consonances liquides ou granuleuses, accompagnent des nappes sonores et des notes délicates et intemporelles. Tel un spéléologue, Irisarri explore des mondes souterrains en mode sépia et prend naturellement tout son temps. Un monde souterrain où se loge de larges étendues d'eau, calme, proche de l'inertie mais qui laisse tout de même transparaître un léger courant afin de nous montrer que la vie s'exprime aussi dans la lenteur et les profondeurs. Rafael Anton Irisarri, qui a l'intelligence de ne pas se borner dans une musique ambiant trop standard ou trop propre, fait plus que gagner quelques galons ici. Déjà avec ses disques précédents (The North Bend et Daydreaming), il avait montré de réelles capacités. Ce troisième album montre qu'il maîtrise son sujet et qu'il peut regarder devant sans trop se poser de questions.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 16-05-2014

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http://irisarri.org/

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