.:.Chronique.:.

Pochette

This Quiet Dust (Watine & Paul Levis feat. Emily Dickinson)

This Quiet Dust LP

[Catgang Productions::2013]

|01 A Certain Slant of Light|02 Further than Arm Could Stretch|03 A Lonesome Glee|04 Delinquent Palace|05 A Long Long Sleep|06 This Quiet Dust|07 I Told My Soul to Sing|08 Interlude|09 Half Past Seven|10 A Fleet of Balm|11 Bright Knots of Apparitions|

C'est autour des textes de la poétesse Emily Dickinson que Catherine Watine et Paul Levis se sont retrouvés pour construire le projet évolutif This Quiet Dust. Accompagné d'Arnaud Delannoy, compagnon de route de Watine depuis fort longtemps, This Quiet Dust s'articule autour d'une musique intimiste, lumineuse, pleine de subtilité et agrémentée de ces bruits du quotidien, discrets mais toujours présent comme s'ils signalaient la continuité de la vie. Pour autant, ici, là où Catherine Watine avait plutôt l'habitude à être au four et au moulin dans le processus de création, elle ne fait plus que poser sa voix sur la musique composée et arrangée par Paul Levis. Un rôle quasiment inédit pour elle mais qui n'est pas pour la desservir. En effet, l'alchimie entre les deux artistes passe merveilleusement bien. Et il le fallait ne serait-ce que pour être à la hauteur des textes de celles qui est considérée aujourd'hui comme l'une des poétesses majeures américaine. D'ailleurs adapter des poèmes d'un auteur littéraire est toujours un challenge dangereux. On n'a pu le voir récemment avec Jean-Louis Aubert avec les essais poétiques de Michel Houellebecq. Ce n'est pas toujours très heureux (dans un sens comme dans l'autre d'ailleurs...). Paul Levis et Catherine Watine, eux, sont d'une autre trempe et leur approche est sans doute bien plus habité. On sent planer quelques fantômes autour de This Quiet Dust, on visite des endroits vieux et abandonnés où des spectres discrets font délicatement apparition. Il ne s'agit pas de faire un disque mortifère. Non, This Quiet Dust, dans une veine folk mécanique et bricolo fait entrer la lumière dans des lieux trop longtemps éteins. De fait, il n'y a pas plus vivant que cet album qui portent fabuleusement les textes de Dickinson. A l'image des précédents efforts de Catherine Watine, on se laisse aisément porter par ces morceaux à forte teneur mélancolique qui vous portent invariablement vers des hauteurs insoupçonnées. Pour un premier effort en commun, c'est déjà un coup de maître et on voit mal comment on pourrait considérer ce disque autrement tant sa richesse, et ce à tout point de vue, est éclatante.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 04-05-2014

A voir également :

http://thisquietdustmusic.com/

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