.:.Chronique.:.

Pochette

Charrier , Charles-Eric

C6 GIG

[Monotype Rec::2013]

|01 C6 GIG|

Cela fait un petit moment que nous n'avons pas croisé la route de Charles-Eric Charrier. L'homme qui m'arrivait de croiser et avec qui je passais des après midi dans son appartement du centre ville où les discussions ne semblaient jamais prendre fin mais qui étaient toujours passionnantes. L'homme est entier, passe par des moments d'incertitudes, de difficultés et trouve le bonheur là où il le peut. Sa musique est comme lui, entière, complexe mais surtout elle est vivante et mue par une volonté de forger un imaginaire qui va au-delà d'une culture ethnocentrée. Charles-Eric Charrier a ceci de particulier c'est qu'il ne fait jamais le même disque et sa démarche a toujours été tourné vers une réinvention de sa musique et une prise de risque qui le mène au bout de lui même. De fait, chacun de ses disques est une aventure qu'il mène seul ou accompagné. Mais souvent, ceux qui le suivent sont eux aussi des aventuriers musicaux, des gens de l'ailleurs et des confins lointains. Pour C6 GIG, il n'est épaulé que par Martin Bauer à la viole de gambe ainsi que par Nicolas Richard aux percussions et à l'accordéon. De mémoire, C6 GIG est sans doute l'album le plus abstrait le plus mystérieux qu'il ait jamais enregistré. Ce disque est un voyage minimaliste où le tonal se confond avec des sonorités chamaniques qui semblent sortir d'un imaginaire embrumée qui tente de sortir d'un sommeil millénaire. La musique de Charles-Eric Charrier n'a pas d'âge, ne répond pas à une culture en particulier et approche une forme de stase qui vous plonge dans un état second qui vous fait voir les choses autrement. D'ailleurs, même pour Charles-Eric Charrier c'est quelque chose qui le dépasse et pour lequel il n'a pas de réponse définitive. Il suit son instinct, ses envies nourris de son propre vécu et de son inconscient. Ici, Charles-Eric Charrier semble puiser son inspiration au plus profond de lui même et la met en pratique dans un exercice improvisée qui joue sur les nuances autant que sur la justesse sans chercher à être pour autant dans la perfection. Cette longue pièce de quarante six minutes n'est pas faites pour s'écouter de manière normale. Il faut être détaché de tout et se laisser envahir. Mais c'est un peu comme cela à chaque fois avec les disques de Charles-Eric Charrier. Il n'y a qu'ainsi que l'on se rend compte que la magie opère.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 16-04-2014

A voir également :

https://soundcloud.com/charlescharrier

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