.:.Chronique.:.

Pochette

Wooley, Nate / Yeh, C.Spenser / Chen, Audrey / Carter, Todd

NCAT

[Monotype Rec::2013]

La musique improvisée peut prendre des tours inattendus. C'est un peu le principe en même temps. Etre là où on ne vous attends pas. NCAT aurait pu être un disque de musique improvisée comme les autres où une formation en trio (Wooley/Yeh/Chen) réalise une première performance pendant une résidence au STEIM (Studio for Electro-Instrumental Music) d'Amsterdam pendant une semaine. Cette performance aura été évidement enregistré et sur ces enregistrements le trio en aura sélectionné quelques uns qui seront envoyé à Todd Carter pour qu'il leur offre un nouveau mixage et mastering. Inutile de dire qu'il avait carte blanche. Quand le trio aura pu écouter le travail de Carter, il constatera que la musique d'origine a été totalement transformé, trituré, malaxé pour devenir une œuvre de musique électro-acoustique. En soi n'a pas utilisé la musique du trio comme une trame classique dont il ne fallait modifier que les contours. En fait, il est parti du principe que cette musique pouvait très bien être utilisée comme du field recordings et que de ce fait qu'elle pouvait être découpée, dépecée, transformée, intégrée dans un nouveau contexte. Sur NCAT les sonorités utilisées sont en opposition. Elles s'affrontent dans un magma noise, bruitiste et aux étirements qui sont tout autant cliniques qu'évoquant des territoires souterrains et urbains. C'est la grisaille, la poussière et le béton qui prend ici le pas et il n'y a pas vraiment d'alternatives. Les séquences plus lumineuses sont alors vite mises en conflit avec des sonorités plus agressives qui peuvent être interprétées soit comme une sorte de mysticisme noir soit comme une résurgence radicale de la logique industrielle. On sort ici du simple cadre de la musique improvisée. NCAT est l'un de ces nombreux disques qui nous fait comprendre que tout est transformable, que rien n'est inscrit dans le marbre et que tout est utilisable à volonté. Ce n'est certes pas une découverte mais il est toujours utile de le rappeler afin qu'en musique rien n'est véritablement sacré et que les sons sont des corps malléables à merci qui peuvent refléter (aussi) les parties les plus sombres de nos âmes.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 25-03-2014

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