.:.Chronique.:.

Pochette

Looper

Matter

[Monotype Rec::2013]

|01 Slow|02 In Flamen|03 Alignement|04 Our Meal|

Parfois, il est fortement conseillé d'écouter à fort volume certains disques. C'est vrai pour tout ce que l'on appelle les musiques amplifiées mais cela l'est également avec des musiques plus nuancées et expérimentales. C'est le cas d'un disque comme Matter qui si il s'écoute à un volume sonore de faible intensité ne permet pas d'appréhender tout ce qui fait son intérêt. En effet, ce quatrième album de Looper (trio composé de Ingar Zach, Martin Küchen et de Nikos Veliotis) se distingue par son caractère discret, sa musique aux relents souterrains et à la minutie presque mystique. Le credo de Looper est de créer une musique certes expérimentale mais qui n'est pas dans la surenchère qu'elle soit sonore ou architecturale. Nous sommes ici dans une abstraction quasi totale et qui s'approche des expériences menées par des gens comme John Cage. Cependant, le silence n'est pas un instrument central dans le processus de création de Looper. Il n'est même pas utilisé mais simplement suggéré. Le trio effleure les sons, les pose délicatement pour parfois leur donner un peu de volume mais sans que cela ne déborde dans l'outrance. Alors oui, il faut tendre l'oreille, ne pas se disperser et se concentrer pleinement sur l'effort fourni par Looper. Sans utiliser d'effets électroniques, Looper se concentre autour de percussion, d'un saxophone et d'un violoncelle. L'apport d'une radio de poche ainsi que le son de vidéos sont presque anecdotiques ici tant l'effort est portée sur un ensemble étiré et de notes tenues créant dès lors un espace qui tient plus du no man's land que du foisonnement humain. Un album désertique et ascétique qui nous rappelle que la musique ne se vit pas uniquement dans la débauche sonore mais qu'elle peut aussi exister dans une forme plus subtile qui n'est pas très éloignée de ce que peut proposer l'ambiant ou les extrapolations dronesques. Tout en étirement et en torsions, Matter n'est peut-être pas aussi autiste qu'on veut bien le croire mais, en tout cas, il vaut mieux être pleinement disponible pour en saisir tout son sens.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 10-03-2014

A voir également :

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