.:.Chronique.:.

Pochette

Fantôme

It All Makes Sense

[Snowhite / Rough Trade::2014]

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Alors là, les bras m'en tombent. Quand on connaît Atari Teenage Riot on s'imagine mal retrouver Hanin Elias dans le registre qui est celui de Fantôme. On ne peut pas dire que l'on soit déçu mais plutôt étonné. Associé ici à Marcel Zürcher de Die Krupps, Elias développe une musique qui oscille entre post-punk, rock héroïque, new wave et shœgaze. Nous sommes donc très loin de la techno hardcore et terroriste d'Atari Teenage Riot. En même temps, depuis son départ d'ATR, elle a fait en sorte de s'éloigner de ce qu'elle avait contribué à créer avec Alec Empire. Ce qui est fait avec Fantôme n'est donc qu'une demi-surprise mais bon, quand même... Si on passe de Atari à Fantôme sans s'y être préparé le choc peut être rude. Au début on pourrait croire à une vaste blague, une récréation, un divertissement, quelque chose de pas très sérieux dans le fonds mais, très vite, on se rend compte que le duo ne plaisante pas vraiment et qu'il y a une réelle ambition derrière ce disque. D'ailleurs on imagine assez mal qu'Hanin Elias et Marcel Zürcher puissent faire les choses à moitié. Alors, qu'il y a t-il derrière ce It All Makes Sense ? Au-delà de la synthèse des genres dont Fantôme fait preuve, il y a quand même une logique dans la démarche du groupe qui puise toute sa source dans le vécu même de ses deux protagonistes. En effet, It All Makes Sense, quand on y réfléchit bien est la résultante logique de ce qu'ils ont pu faire au sein d'ATR (et même après) et de Die Krupps. Pas évident me dîtes vous ? C'est compréhensible, et pourtant... Il y a chez eux de l'agressivité mais aussi un sens de la nuance plus que louable. It All Makes Sense est un disque des plus paradoxal car en surface il semble très éloigné de ce que Elias et Zürcher ont déjà pu faire mais, en même temps il est aussi l'incarnation de ce qu'ils sont aujourd'hui et de comment ils ont évolué avec le temps. Ajoutez à cela une production aux petits oignons de David Husser et de Paul Kendall (Depeche Mode, Recoil...) et vous saurez que cet album n'est de ceux sur lequel on peut cracher toute sa bile. Appliqué mais pas forcément trop sage, Fantôme nourrit une vision d'un rock peut-être un peu trop propre mais qui n'a rien de lisse ou fait de compromis. Cela pourrait être celui d'une Siouxsie Sioux qui se serait associé à un Killing Joke des grands jours. Donc, non, Fantôme ce n'est pas là pour faire de la figuration.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 16-02-2014

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