.:.Chronique.:.

Pochette

Lopez, Francesco & Sigurta, Luca

Erm

[Frattonove::2013]

|01 Untitled #294|02 Eaves|

On ne présente plus Francisco Lopez tant celui-ci a pesé sur les musiques expérimentales ces trente dernières années. En ce qui concerne Luca Sigurta on ne pourra pas en dire forcément autant mais il n'est pas en reste quant à la place qu'il peut occuper sur cette frange de l'exploration sonore. En effet, si il a déjà publié sur différents labels (Creatives Source, Afe Records, Dokuro, Lisca, Tulip, Karl Schmidt Verlag...), collaboré avec plein de gens très intéressants (Jean-Luc Guionnet, Steve Roden, Oren Ambarchi...) et créé son propre label (Kinky Gabber), il n'a peut-être pas la même aura que son collègue espagnol du jour mais il occupe une place non négligeable. Dans tous les cas, Erm n'est pas une collaboration totalement franche entre les deux hommes, dans le sens où ils n'ont pas été ensemble pour concevoir ce disque. Chacun a fait son petit truc de son côté mais en ayant une base commune. Erm, dès lors, n'est rien d'autre qu'un split album mais il se doit d'être écouté avec attention comme tout ce que peuvent faire Francisco Lopez et Luca Sigurta. Ici, donc, la condition pour que ce disque puisse exister c'est que les deux hommes partent d'un matériau commun afin de construire une pièce sonore qui seront mises en opposition. Qu'on ne prenne pas le terme opposition d'une manière péjorative ou négative. Les deux morceaux qui composent ce disque se font face, on les compare mais ils ne se confrontent pas. De cette base commune Lopez et Sigurta ont évidemment eu une approche tout à fait différente. Lopez jouant sûrement de plus de subtilités, de montées sonores, de silences, de glitch, d'étirements stridents. Untitled #294 est d'ailleurs assez symptomatique de ce que fait habituellement Francisco Lopez. Tout y est en nuances, en contraste, ne laissant jamais l'auditeur apathique. Luca Sigurta, lui, est plus dans une optique conflictuelle où les drones bruitistes et souterrains font la loi. Avec Eaves on est d'ailleurs plus proche des émanations industrielles où le field recordings occupe une place prépondérante. Certes, le résultat n'est pas spécialement étonnant mais l'exécution et l'intensité qui habitent les deux pièces sont particulièrement remarquables et ne souffrent aucune contestation. Du bel ouvrage.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 03-02-2014

A voir également :

http://www.franciscolopez.net/

https://soundcloud.com/sigurta

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