.:.Chronique.:.

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KK Null, Israel Martinez, Lumen Lab

Incognita

[Aagoo::2013]

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Quand il s'agit de travailler avec des gens intéressants, Kazuyuki Kishino aka KK Null n'est pas le dernier à se bousculer au portillon. Son vécu musical est d'ailleurs rempli de collaborations de haut niveau (Z'ev, Deison, Jon Rose, Jim O'Rourke, James Plotkin, Fred Frith...). Cette fois-ci c'est avec Israel Martinez, que l'on avait déjà croisé avec le très bon The Minutes, et Lumen Lab, avec qui on aimerait en savoir un peu plus, que KK Null s'est mis au turbin. Lumen Lab, donc, n'est pas ici par le fruit du hasard puisqu'il s'agit du frère de Israel Martinez, Diego Martinez. Le projet est d'abord parti d'un échange entre Israel Martinez et Kazuyuki Kishino de sonorités électroniques et de field recordings. Le but entre les deux hommes était bien de concevoir des créations en incorporant des éléments improvisés, électroacoustiques mais aussi différentes formes de processus informatiques. Là-dessus, Israel Martinez a l'idée d'intégrer au projet son frère qui lui vit encore au Mexique (il faut rappeler que Israel vit actuellement à Berlin). Chacun dans son habitat respectif (Tokyo, Berlin, Zapoan) se mettra à travailler sur le matériau d'origine avant qu'ils ne se retrouvent pour donner un corps définitif à l'ensemble et qui portera le nom d'Incognita. Le résultat est un album composé de quatre longues pièces aussi sombres les unes que les autres aux accointances noises et brutales mais qui peuvent se révéler tout aussi cérébrales. Un disque qui n'est pas forcément facile d'accès mais qui créé un lien fort entre la musique industrielle, le dark ambient et le field recordings. Les trois hommes arrivent ici à trouver une cohérence fascinante qui fait se confondre l'anxiogène au naturalisme le plus naïf. Les nuances y sont alors nombreuses et ce disque est construit comme un véritable labyrinthe. Entre ombre et lumière, le trio a su trouver les formes justes sans être dans l'excès et garantissant une pression de tous les instants. Le terme « incognita » est sans doute souvent utilisé pour illustrer ce genre de musique mais il répond assez bien à cette volonté d'exploration vers ce qui nous est inconnu ou abstrait. Ici, les trois hommes façonnent la matière pour lui donner une existence nouvelle ainsi qu'une autre définition de ce qu'on l'habitude de prendre pour de l'harmonie. En ce sens, Incognita est un modèle du genre qui possède l'intensité nécessaire pour aller plus loin que la simple curiosité.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 29-01-2014

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