.:.Chronique.:.

Pochette

Motoomi Doi

The Illuminated Nightingale

[Noble::2013]

Le Japon peut être un pays tout à fait étonnant, je l'ai déjà dit maintes fois, mais il peut aussi avoir des côtés agaçants. Motoomi Doi, chanteur à la voix androgyne (oui, parce qu'on se laisse facilement avoir à la première écoute en croyant avoir affaire à une femme), est l'exemple frappant de ce qui peut clocher au pays du soleil levant. On ne peut pas s'extasier sur tout et croire que tout ce qui vient du Japon tient fatalement du génie. Loin de là. Si on prend le cas de la J-pop, c'est quand même assez insupportable et souvent assez ridicule même si le genre comporte de nombreux adeptes. Il ne faut pas prendre la culture nippone comme un bloc mais plutôt dans toute sa diversité et dans ce qu'il peut y avoir de bon ou mauvais. Il n'y a qu'ainsi qu'on peut la comprendre, la maîtriser et l'appréhender. Mettre certains de ses aspects de côté c'est enlever inévitablement des éléments de compréhension. Ainsi, un disque comme The Illuminated Nightingale n'est pas vraiment surprenant car, dans le fonds, il est justement très voire trop japonais. Et c'est sans doute ce qui lui fait le plus de tort. Doi, est tellement ancré dans cette culture électro-pop-kawaï qu'il parvient à en développer involontairement des clichés qui ne lui rende pas service. Il faut dire également que sa performance vocale, plus que bancale, n'est pas toujours supportable et incline vers une sorte de naïveté juvénile qui n'est pas spécialement du meilleur effet. Et ce chant, difficile au possible, ruine tous les efforts mélodiques et orchestraux que Motoomi Doi s'est évertué à mettre sur pieds. C'est un peu dommage, parce qu'il y avait sans doute mieux à faire. The Illuminated Nightingale, qui est basé sur le concept de la nuit, est sans doute trop japonais dans ses fondements pour qu'il soit réellement surprenant. Motoomi Doi a surement les moyens de faire mieux et cela passe sûrement par la remise en cause de sa propre voix. L'effort est surtout à porter là-dessus.

note : 5.5

par Fabien, chronique publiée le 22-01-2014

A voir également :

https://soundcloud.com/doi-motoomi

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