.:.Chronique.:.

Pochette

Moinho

Baltika

[Arbouse Recordings::2013 (réédition)]

|01 Antre|02 Movements & Variations (for Satie)|03 Du vent dans les branches|04 Horst Tappert|05 Leon|06 Springtime|07 Marimba|08 Hi-Tango|09 To Baltika|10 Fog on the Thames part I|11 Fog on the Thames part II|12 La saison des pluies|

On ne parle pas assez du label Arbouse Recordings. Il faut dire que cette structure n'a pas de moyens mirobolants et que, de ce fait, il est toujours difficile de se faire connaître quand vos poches sont un peu trouées. Ceci étant, ce manque de moyens ne vous empêche pas de faire de belles choses, de faire confiance à des artistes de grande classe et de leur donner la parole. Il y a quelques années, j'avais pu rencontrer Cyril Caucat (enfin il me semble que c'était lui) au détour d'un concert d'Oldman aka Charles-Eric Charrier. On avait pu discuter de la difficulté d'un label comme le sien de pouvoir exister, de se faire une place mais aussi de pouvoir durer dans le temps. Le constat était assez amer mais pas dénué d'espoir. Quasiment cinq ans plus tard, Arbouse Recordings est encore debout et continue à sortir des disques fabuleux. Pourtant, celui-ci n'est pas spécialement une nouveauté mais une réédition. Baltika est sorti une première fois en 2012 sans que cela déchaîne un enthousiasme fou. Et pourtant, ce disque est d'une beauté renversante. Cette seconde vie qu'on lui propose permet de le remettre en avant et force est de constater que l'accueil fait à Baltika et à Franck Marquehosse (Moinho, c'est lui) est bien plus éloquent. Il faut dire que c'est toujours un peu compliqué de se faire remarquer quand on débute sa carrière discographique en apparaissant dans une compilation hommage à Erik Satie et que l'on déclare avoir une folle passion pour Arvo Pärt. Déjà, cela réduit considérablement le champs des possible puisque ces deux compositeurs, même s'ils sont archi reconnus, ne s'adressent qu'à un public relativement restreint.

Mais, ce qui est intéressant chez Moinho, c'est qu'il n'est pas issu du sérail. C'est un autodidacte qui, au-delà de ses passions premières, écoute beaucoup de musiques très variées et qui vient, originellement d'une musique moins intimiste qu'est la pop et le rock-noisy. Il est donc assez étonnant, de le voir dans ce registre là. Peu de gens, en fait, prennent le risque de changer complètement de voie, de se mettre ainsi à nu et de se livrer dans son entièreté. Cependant, le risque est plus ou moins calculé. Baltika est un album qui a longtemps mûri dans l'esprit de Franck Marquehosse. Certains morceaux étaient même dédiés pour des formules plus orchestrés. On ne sait ce qu'ils auront donné mais, dans ces versions épurées où seul le piano fait force de loi, Moinho est d'une incroyable justesse, jouant sur la corde sensible sans être dans le larmoyant ou en forçant le trait. Bien au contraire, Moinho laisse défiler les notes, simplement, les laissant se structurer pour former naturellement un cours mélodique quasi parfait. Baltika est en ce sens un disque étonnement beau qui s'éloigne des sphères répétitives et des musiques trop circulaires qu'on entend trop souvent quand quelqu'un appose ses doigts sur un piano. On a tendance à le comparer à des gens comme Nils Frahm. Ce n'est pas tout à fait faux mais, Franck Marquehosse mérite tout simplement qu'on ne le compare à personne et qu'on le prenne comme un musicien à la sensibilité unique.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 16-01-2014

A voir également :

http://www.arbouserecordings.com/

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