.:.Chronique.:.

Pochette

Bateleuse

Ruine & Ravins

[Katacorp / Autoproduction::2013]

|01 Hippie froid|02 Epouvantail|03 Joyeux Noël|04 17 ans|05 Allo alpha|06 W.S.S.S|07 Le jour & la nuit|08 Harmoniamonditalrazobak|

A quoi reconnaît-on l'importance ou la qualité de son disque ? Dire qu'il serait connu de tous serait une bien mauvaise réponse dans le sens où on ne compte plus les artistes maudits qui resteront ad vitam eternam dans les abysses. Les cas sont différents selon le vécu de chacun et de comment les disques sont passés de mains en mains. Certains sont gardés jalousement dans le secret, d'autres éclatent au grand jour rapidement, d'autres encore attendent pour que leurs auteurs soient six pieds sous terre pour qu'enfin on reconnaisse qu'ils sont incontournables. De fait, on peut devenir culte de bien des manières et avoir le respect de chacun sans être obligé de faire la pute quand on daigne vous inviter pour servir la soupe sur un média à grande audience. Pour autant, il faut dire que certains font aussi avec les moyens du bord c'est à dire les leurs, ce qui n'aide pas toujours à une large diffusion. C'est un peu le cas de Bateleuse, groupe énigmatique, qui a sorti un disque magnifique mais dans une quantité tout à fait négligeable. Il est certain que ce n'est pas avec Ruine & Ravins que Bateleuse va devenir riche. Mais bon, l'objet est beau. Une jolie petite boite circulaire en aluminium laissant transparaître en son centre le visuel du disque. Les feuilles calques qui composent le livret sont rattachées par une fine ficelle finement brodée. Celle-ci sert également à soulever délicatement ledit livret de son écrin. En dessous, le disque, gris, tacheté mais laissant apparaître dans un halo de lumière l'ombre d'une araignée, repose sur un support en mousse, sombre lui aussi. Ce qu'il y a d'inscrit sur le cd est tout aussi délectable. Huit titres sous le signe d'un chant habitée et d'une guitare qui l'est tout autant. On pense alors à Scout Niblett, les premiers PJ Harvey, une musique sensible mais irrésistiblement écorchée, torturée, toujours sur le fil du rasoir et qui s'abandonne à une sorte de désintégration de l'âme. Ce disque est comme un volcan qui peut exploser à tous moments. En même temps, le titre de l'album n'est pas fait que pour faire joli. Oui, Bateleuse distille une musique qui vit à travers cette image de ruine et donnant le sentiment de flirter avec les ravins au bord desquels le groupe aime à se balader. Un disque intime, déchirant et qui vous retourne les tripes. Ruine & Ravins est une introduction plus que prometteuse et qui, même, devrait en inspirer plus d'un.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 15-12-2013

A voir également :

http://bateleuse.bandcamp.com/

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