.:.Chronique.:.

Pochette

Chaton, Anne-James & Moor, Andy

Transfer

[Unsounds::2013]

|01 Dernière minute|02 D'ouest en est|03 Princess In a Mercedes Class S 2805|04 Princess In a Rover P6 3500S V8|05 Une histoire de l'aviation|06 Sul Volo|07 Metro|08 Not Guilty|09 Journal d'un naufragé|10 Journey on the Péquod|

L'histoire qui lie Andy Moor de The Ex et Anne-James Chaton dure depuis quelques années. Que ce soit avec The Ex, Décade, Alva Noto ou le seul Andy Moor, Anne-James Chaton, qui est aussi connu pour ses performances et ses écrits, est à la pointe d'une musique conceptuelle et moderne qui interpelle inlassablement son auditeur. Transfer est lui aussi un concept qui réunit des travaux réalisés sur un schéma identique et qui avaient été édité depuis 2011 au travers de quatre singles tous parus chez Unsounds. Transfer comprend trois morceaux supplémentaires (dont deux enregistrés aux Instants Chavirés) qui complètent la série de singles. Le principe est simple. Anne-James Chaton déclame cliniquement et sobrement des textes autour d'un thème précis qui sont liés à l'actualité trouble de ce monde, des personnes considérées comme des icônes mais mortes tragiquement (ici Lady Di et Grace Kelly)ou des thèmes purement techniques mais qui ont tous un rapport avec l'humain et sa capacité à se mouvoir. Andy Moor, de son côté, s'occupe de créer une musique aux limites de l'angoisse mais qui n'est jamais monolithique. En ce sens elle aussi, et contrairement à ce que l'on peut penser de la diction de Chaton, la musique de Moor est toujours en mouvement évitant le piège de développements stériles et sans surfaces.

Transfer peut paraître dès lors assez déroutant mais, très vite, on assimile le sens de tout l'action qui est menée ici. Anne-James Chaton et Andy Moor tentent d'avoir un regard distancié sur un monde devenu fou, technique, froid, qui sombre inexorablement et qui écrase tout ceux qui se mettent simplement à rêver. D'une idée simple, le duo parviennent à réaliser une œuvre totale, entière de vérité et véritablement poignante. Le ton monocorde de Chaton est très vite contrebalancée par la musique anxiogène de Moor. On ne voit pas vraiment le soleil avec Transfer ou, à tout le moins, on parvient à peine à le distinguer. Ce que l'on réussit à voir ici, et ce d'une manière lumineuse, c'est bien la futilité de la vie telle qu'elle nous est imposée. On essaye de voir les choses d'une manière neutre mais c'est bien une certaine violence qui est exprimée ici. Violence de l'information, violence de la vie, violence sociétale etc... Chaton et Moor dévoilent ici un art brut et sans concession dont la froideur cassante vous arrive en pleine face. En même temps, un disque comme Transfer vous donne le sentiment d'être vigilant sur ce qui vous entoure et par les temps qui courent ce n'est pas vraiment du luxe.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 09-12-2013

A voir également :

http://www.unsounds.com/

http://aj.chaton.free.fr/

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