.:.Chronique.:.

Pochette

Elliott, Matt

Only Myocardial Infarction Can Break your Heart

[Ici d'Ailleurs::2013]

|01 The Right to Cry|02 Reap for Disapointment|03 I Would Have Woken You With This Song|04 Prepare for Disappointment|05 Zugzwang|06 Again|07 De Nada|

Dans la droite ligne de The Broken Man, Matt Elliott n'aura pas trop tardé à nous donner de ses nouvelles. Enfin, presque deux ans quand même. Ceci étant c'était le temps nécessaire pour accoucher d'un disque d'une telle sensibilité. Nous l'avions vu. Sur The Broken Man, Matt Elliott s'était révélé fragile, mélancolique, sombre mais pas mortifère pour autant. Only Myocardial Infaction Can Break your Heart (quel titre!) fait se relever la tête à Matt Elliott. C'est d'ailleurs la première chose que l'on constate. Toujours avec sa voix profonde, vibrante et chaleureuse, les très francophile Matt Elliott nous délivre un disque plus optimiste et lumineux même s'il ne perd aucunement cette forme mélancolique qui hante chacun de ses morceaux. L'homme milite alors pour un droit à pleurer mais il n'est pas question de désespoir là dedans. Pleurer c'est aussi une façon d'exprimer ce que l'on ressent et cela peut aussi être une forme de bonheur que l'on ne maîtrise pas forcément. Sur ce long morceau (The Right to Cry fait quand même dix-sept minutes), Matt Elliott montre que son humanité ne s'est pas perdue dans les abysses et qu'il lutte, remonte à la surface et se surprend à décrire la beauté de ce monde.

Peut-être pourra t'on dire qu'il digresse un peu trop mais ce n'est pas vraiment le plus important. Ce qui l'est c'est d'entendre un Matt Elliott plus vivant que jamais qui passe d'une musique intimiste à des envolées libératrices. Quoi qu'il arrive, ce disque reste dans un univers des plus sensible et automnale là où les couleurs prennent tout leurs sens. Only Myocardial Infarction Can Break your Heart est bien un disque de saison mais il ne saurait n'être que cela. Il fait aussi appel à notre humanité, à ce qui peut nous toucher au plus profond de nous même. Purement acoustique et réaliser en formation réduite (avec David Chalmin, Jeff Hallam et Raphaël Séguinier) cet album peut nous faire penser à la musique de René Aubry avec ce côté moins répétitif mais l'esprit est sans doute là et bien là. Pour autant, l'univers de Matt Elliott est plus riche et à tendance à plus s'emporter alors que René Aubry garde une plus grande maîtrise de ses nerfs et sait ce que la retenue implique. Le britannique n'a pas encore choisit et préfère ici utilises ces deux facettes pour mieux servir sa musique. Et il fait bien puisque Only Myocardial Infarction Can Break your Heart est, comme ses disques précédents, une belle réussite qui colle viscéralement à la peau du personnage. Des artistes comme Matt Elliott sont comme des thérapies. On finit par ne plus s'en passer.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 11-11-2013

A voir également :

http://www.thirdeyefoundation.com/

?>