.:.Chronique.:.

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Klimperei

Les tableaux d'une exposition d'après Modeste Moussorgski, 1874

[In PolySons::2013]

|01 Promenade|02 Gnome|03 Promenade 2|04 Le vieux château|05 Promenade 3|06 Les Tuileries|07 Bydlo|08 Promenade 4|09 Ballet des poussins dans leur coque|10 Samuel Goldenberg et Schmuyle|11 Promenade 5|12 Le marché de Limoges|13 Catacombe|14 Cum mortuis in lingua mortua|15 La cabane sur des pattes de poule|16 La grande porte de Kiev|

Toy Music. C'est par ce terme quelque peu sibyllin que l'on qualifie généralement la musique de Klimperei (pianotage en allemand), entité à géométrie variable créée par Christophe Petchanatz (avec Françoise Lefebvre) qui, depuis quelques temps, en est devenu le membre unique. Son chemin aura croisé celui de pas mal de monde comme David Fenech, Pierre Bastien, Denis Frajerman, Dominique Grimaud, Daevid Allen (Gong, Soft Machine) ou Palo Alto. Mais dans l'immédiat ce n'est pas le plus important. Ce qui l'est, en tout cas aujourd'hui, c'est ce disque qui renvoie à des souvenirs lointains de Christophe Petchanatz qui sont d'autant plus présents à sa mémoire puisqu'ils sont ceux qui ont formé son éducation musicale. Des souvenirs qui remontent à 1975 alors que le jeune Petchanatz a à peine 16 ans, il découvre par l'intermédiaire d'amis la musique classique à travers Ravel, Jehan Alain, Satie, Pierre Henry et Moussorgski donc... Mais ces souvenirs ne s'arrêtent pas à la seule musique. C'est aussi la rencontre avec des personnes qui l'initie non seulement à la musique mais aussi avec des objets qui serviront à son approche du son, de sa structure et de sa construction. Ce disque est alors comme un hommage à toutes ces personnes. Un hommage tout à fait personnel et qui, en soi, ne devrait parler qu'à lui. Pour autant celui parvient à nous émouvoir au-delà de ce qu'on pourrait penser parce que l'histoire de Christophe Petchanatz est aussi celle de tout amoureux de la musique qui, un jour ou un autre finit par rencontrer un pygmalion qui vous ouvre des portes insoupçonnées. Cela peut être un ou plusieurs personnes qui vous déniaise délibérément, histoire de sauver votre âme. Le choix de pour Klimperei de réinterpréter Moussorgski n'est pas le fruit du hasard mais bien parce que ce compositeur est à la base de tout pour lui. Du moins cela a sûrement généré un déclic inconscient puisque sa première approche de Moussorgski s'est faite par le biais d'Emerson, Lake & Palmer avec leur album Pictures at an Exhibition. C'était le premier pas avec Tarkus. Après, tout s'est enchaîné. Toujours est-il que presque quarante ans plus tard ce disque est comme un retour nostalgique aux jeunes années de Petchanatz. Pour autant le côté naïf et enfantin de la musique de Klimperei ne doit pas faire penser à quelque chose de régressif. Ce n'est pas vraiment le cas et on assiste ici effectivement à des tableaux qui racontent tous une petite histoire très descriptive qui renvoie à des lieux, des personnes, des sentiments, des ambiances … C'est tout ce qui fait le charme de la musique de Klimperei, c'est qu'elle parle à tout le monde et en toutes circonstances. Moussorgski est sans doute une sorte de prétexte mais cette relecture est inédite et est faite avec une beauté et une intelligence que seul Christophe Petchanatz pouvait produire. Un peu de magie dans les oreilles...

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 30-10-2013

A voir également :

http://klimperei.free.fr/

http://klimperei.bandcamp.com/

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