.:.Chronique.:.

Pochette

Wolfe, Chelsea

Pain Is Beauty

[Sargent House::2013]

|01 Feral Love|02 We Hit a Wall|03 House of Metal|04 The Warden|05 Destruction Makes the World Burn Brighter|06 Sick|07 Kings|08 Reins|09 Ancestors, the Ancients|10 They'll Clap When You're Gone|11 The Waves Have Come|12 Lone|

Ah ! J'avais bien cru la tenir ma nouvelle grande prêtresse des catacombes, ma princesse des ténèbres, ma souveraine des abîmes. Elle n'appartiendrait qu'à moi et je ne la partagerait que par bonté d'âme ou par faiblesse. Et là, stupeur. Je me rend compte que Chelsea Wolfe n'est pas fraîchement sortie des abysses, qu'elle a d'autres albums à son actif, et que, mémoire défaillante oblige, j'avais déjà croisé son chemin. Déception. Celle-ci est néanmoins de courte durée puisque Pain Is Beauty, son quatrième album quand même, est peut-être son meilleur opus à ce jour. Sans doute que je manque de recul pour dire cela mais au fur et à mesure que ce disque s'insinue dans mon esprit il apparaît clairement qu'il est celui qui fera tomber les barrières qui l'empêche encore de sortir du cercles des simples initiés. Certes, Pain Is Beauty répond à une esthétique déjà éprouvée il y a de cela trente bonnes années. Parce que oui les fantômes du rock gothique et, par extension, ses filiales, n'ont pas disparu de l'esprit des gens. On peut sourire sournoisement et avec plein de dédain devant ces poses à caractère cérémonial mais, dans l'absolu, la beauté caverneuse que nous renvoie la musique de Chelsea Wolfe est tout à fait admirable. Même si l'imagerie rock-gothique- ethereal est fortement présente, Chelsea Wolfe n'est pas forcément tournée que vers le passé. Certains signes montrent qu'elle est bien dans son époque et qu'elle n'a pas à se justifier sur ce qu'elle fait. Pain Is Beauty tire son épingle du jeu non seulement par la production impeccable et intelligente qui donne une coloration sonore toute particulière mais aussi sur le fait que les morceaux sont d'une beauté incontestable. Quand on écoute un morceau comme Kings ou They'll Clap When You're Gone on ne peut pas échapper à l'envoûtement provoqué par Chelsea Wolfe. D'ailleurs on serait bien en peine de dire si il y a des titres supérieurs à d'autres. Pain Is Beauty est suffisamment homogène pour qu'on n'ait pas à avoir de préférences particulières. Imprimant une ambiance spectrale pour le moins fantastique avec un soupçon de romantisme noir, l'américaine remet au goût du jour un rock certes aux contours mortifères mais qui se révèle tout aussi bien attrayant. Fascinant.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 18-10-2013

A voir également :

http://www.chelseawolfe.net/

?>