.:.Chronique.:.

Pochette

Fafchamps, Jean-Luc

YZ3Z2Z1S2, a Five-Letter Sufi Word

[2013::Sub Rosa]

|01 Y|02 Z3|03 Z2|04 Z1|05 S2|

Encore aujourd'hui, la musique contemporaine est un genre mal connu qui ne suscite pas un intérêt débordant et ça peut se comprendre. La musique contemporaine n'a jamais rien fait pour se rendre populaire et même les grands pontes du genre (Stockhausen, Cage, Xenakis, Penderecki, Berio, Varèse...) n'ont jamais intéressé que des initiés. Ce style musical qui s'est malgré tout diversifié et qui a traversé le siècle n'a toujours compté que sur un nombre restreint d'amateurs du fait même de sa difficulté à être écouté. Est-ce que cela risque de changer ? Bien sur que non puisque la musique contemporaine n'a jamais eu vocation à être populaire. Quoi qu'il arrive cela restera une musique réservée à un public éduqué, capable de déchiffrer les différentes composantes de chacune des œuvres existantes. De fait, on ne vient pas à la musique contemporaine par hasard comme on ne viendra pas de la même manière à ce disque de Jean-Luc Fafchamps. D'ailleurs qui est Jean-Luc Fafchamps ? Ce pianiste et compositeur belge n'est pourtant pas un inconnu. Il s'est distingué à de nombreuses reprises pour ses propres œuvres mais aussi dans l'interprétation de celles des autres, notamment de Georges Aperghis et de Steve Reich avec l'Ensemble Ictus qu'il a contribué à créer. Un Ensemble Ictus qui est évidemment présent ici pour exécuter les cinq pièces écrites par Jean-Luc Fafchamps. Il ne faut pas oublier la présence de Jean-Marc Sullon qui représente le Centre Henri Pousseur pour les séquences électroniques. Pour ce disque, qui est le deuxième d'un cycle, Fafchamps explique qu'il s'agit de « lettres contrastées – ou mouvements » qui combinent des échappées en solo, des séquences orchestrales mais aussi des éléments électroniques subtiles. Entre dissonances et rythmiques qui sont très loin d'être statiques, ce disque dépasse allègrement les contours les plus connus de la musique contemporaine. Ces cinq pièces sont de réelles constructions qui se présentent quasiment comme des éléments vivants mais aussi spirituelles. Il ne faut pas oublier qu'il s'agit ici d'incarner musicalement des lettres soufies. Fafchamps démontre ici que même si la musique contemporaine demeure dans le champs de l'abstraction elle possède toujours une marge de manœuvre qui lui permet d'ouvrir de nouveaux espaces. Et ici, ces nouveaux espaces sont encadrés selon un schéma préétabli par Fafchamps lui-même qu'il explique très bien dans le livret du disque. Bien entendu, cela ne changera en rien le fait qu'un disque comme celui-ci restera dans le cercle d'initiés pour lequel il est destiné mais il prouve que la musique contemporaine ne sera pas comme le latin, une langue morte.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 04-10-2013

A voir également :

http://www.jeanlucfafchamps.eu/info_biographie_fr.php

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