.:.Chronique.:.

Pochette

Barwick, Julianna

Nepenthe

[Dead Oceans::2013]

|01 Offing|02 The Harbinger|03 One Half|04 Look Into Your Own Mind|05 Pyrrhc|06 Labyrinthine|07 Forever|08 Adventurer of the Family|09 Crystal Lake|10 Waving to You|

Non, Juliana Barwick ne fait pas des disques pour neurasthéniques ou pour des adeptes du tranxene. Il faut savoir faire la différence entre une musique céleste et une autre sans âme qui n'apporte qu'une dépression inutile. Si l'américaine se situe dans la première catégorie il n'y a peut-être pas lieu de s'exciter précipitamment sur son cas car elle n'est pas la seule à jouer les muses évanescentes. D'un autre côté, on ne peut pas se dire que cela a déjà été fait avant et passer à autre chose sans aucun remord. En fait, avec presque trois fois rien, Julianna Barwick vous agrippe dans ses filets. Nepenthe, qui n'est pas son premier album (on compte précédemment The Magic Place sorti chez Asthmatic Kitty, Sanguine qui est autoproduit, un album avec Ombre et un autre avec Ikue Mori), est d'une simplicité enfantine. Il faut comprendre comment est conçu ce disque c'est à dire à partir de nappes brumeuses et précédent à peine l'aurore, un chant lointain, flottant et merveilleux, des mélodies étirées, plongées dans l'éther qui nous laisse un sentiment de temps suspendu mêlée d'une intimité qui vient vous frôler délicatement, gracieusement. Certes, on a déjà connu cela et plus d'une fois mais Julianna Barwick est ici dans le vrai, délivrant des morceaux appartenant à une espèce trop rare qui touche à quelque chose d'unique qui vous émeut à coup sur. On explique difficilement la chose autrement. On sait que dans le fond qu'il n'y a ici rien d'exceptionnel mais la beauté qui se dégage de ce disque est proprement éclatante. Ca ne fait aucun doute. Alors on ne sait que penser. Entre rester raisonnable et s'abandonner à des plaisirs célestes d'une rare beauté, il y a une terrible tentation qui s'insinue en nous. Finalement, on se laisse envoûter par cette musique aux couleurs jaunies qui semblent sortir d'un siècle qu'on ne connaîtra jamais. Julianna Barwick est tout simplement portée par la grâce et ouvre cette boîte de pandore qu'on ose jamais trop approcher mais qui fascine éternellement.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 14-09-2013

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http://www.juliannabarwick.com/

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