.:.Chronique.:.

Pochette

Delplanque, Mathias

Chutes

[Baskaru::2013]

|01 So|02 Ru|03 Fell|04 V|05 Bu |06 Flo|07 Alo|

Après l'épisode Cronica (Passeports, Call Center et Radio Station), Mathias Delplanque change à nouveau de label pour son nouvel opus. Cette fois-ci c'est avec Baskaru qu'il a choisi, label que l'on connaît bien et qui n'a pas son pareil pour nous présenter des albums de très haute tenues, pour nous présenter ses musiques d'un autre monde. Là encore, on ne sera pas déçu car Mathias Delplanque n'est pas le premier venu et il a toujours pris soin à ne jamais rendre un travail bâclé. Chutes est le résultat d'enregistrements en sessions lives qui ont eu lieu entre 2010 et 2012. Masterisé par Guiseppe Ielasi, il n'y a pas vraiment besoin de préciser que Chutes est la représentation de sonorités rêveuses, mécaniques, parfaitement léchées et d'une précision redoutable. En même temps, il ne faut pas croire que tout est calculé et que les morceaux de Delplanque soient prévisibles. C'est tout le contraire. Le personnage nous a habitué à ses divagations improvisées. Cependant, l'improvisation ne veut pas dire que cela implique l'imprécision. Toutes les formes sont possibles et les chutes de Delplanque ne sont évidemment pas d'une seule et même teneur. Elles ne sont pas linéaires et en aucun elles ne sauraient prendre de la vitesse. Tout est fait avec lenteur ce qui laisse le temps de contempler tout ce qui peut entourer celui qui tombe. Ainsi, pour imager ces descentes au ralenti, Mathias Delplanque use de nombreux instruments (« matériau électronique, cloches, guitare, métallophone, mélodica, kalimbas et divers objets ») les entremêlent, créant des espaces fantomatiques et oniriques qui résonnent comme des haïkus intemporels. Drôles de chutes donc que celles-ci mais elles opèrent sur notre subconscient une ouverture (voire des ouvertures) vers des précipices sans fonds dont la beauté ne peuvent se décrire si ce n'est par la musique elle même. Mathias Delplanque est un artiste et un concepteur pour qui l'abstraction est comme une carapace contre la dureté de ce monde. Faisons un rêve comme disait l'autre.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 19-08-2013

A voir également :

http://www.mathiasdelplanque.com/

?>