.:.Chronique.:.

Pochette

Ensemble Skalectrik

Trainwrekz

[Editions Mego::2013]

|01 Wrekwahn|02 Wrektoo|03 Wrekfree|04 Wrekfore|05 Wreksank|06 Wreksikz (for Louis Johnstone)|

Avec un nom pareil on aurait pu croire à la composition d'un collectif de bidouilleurs fous prompt à tous les distorsions électroniques. Perdu. Ensemble Skalectrik n'est autre qu'un side project de Nick Edwards plus connu sous le nom de Ekoplekz. Trainwrekz est le premier album de ce nouveau projet et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il est plein de promesses. Présenté comme son projet (en fait, il en a plusieurs autres) le plus « extrême », celui-ci se base sur les techniques de l'improvisation en utilisant un matériel pour le moins roots. On s'attend donc à ce que nos oreilles souffrent d'agressions sonores, des distorsions insupportables et de digressions déconcertantes. En fait, si Trainwrekz a bien des accointances noises, il n'est certainement pas dans une optique de conflit complet mais certainement plus proche de ce que pouvaient faire des formations comme Coil ou Psychic TV à leurs débuts ainsi que d'autres groupes dans la même veine et de la même époque. L'influence industrielle est donc sans contestation et on entend chez Nick Edwards une réelle maîtrise du sujet. Avec son matériel d'un autre temps on entre dans une musique ou la reverb et le delay sont rois. On y rencontre également nombre de drones, des agencements sonores faisant penser au dub, à la musique concrète, l'improvisation (donc) etc... Ce qui est intéressant chez Edwards c'est sa capacité à modeler tout cela, rendre le tout acceptable voire même assez passionnant. Malgré son côté une peu freaks et psychopathe, Trainwrekz fait montre d'une réelle volonté de renouvellement et de faire bouger les lignes. C'est pour cela que rien dans ce disque n'a l'air d'être vraiment stable, que tout bouge tout le temps, repoussant toute forme d'inertie pour mieux imprimer une ambiance pour le moins anxiogène mais qui garde une certaine forme d'attirance. Ainsi, si Trainwrekz nous inspire un sentiment d'angoisse c'est sans commune mesure avec l'inventivité qui est dégagée ici. Nick Edwards agit ici comme un électron libre mais qui n'est pas totalement incontrôlable. C'est ce qui fait toute la différence.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 31-07-2013

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