.:.Chronique.:.

Pochette

Bédard, Martin

Topographies

[Empreintes Digitales::2013]

|01 Grand dehors|02 Topographie de la noirceur|03 Push & Pull|04 Métal fatigue|05 Champs de fouille|

Martin Bédard est un type normal. Enfin, il ressemble à monsieur tout le monde. Rien ne le différencie des autres à cette nuance près qu'il fait de la musique. Mais pas n'importe quelle musique, celle que n'importe qui peut faire. Martin Bédard est électro-acousmaticien, terme un peu barbare, j'en conviens, qui désigne ces créateurs de musique acousmatique et/ou électroacoustique . Une musique qui, en générale, ne s'adresse pas au plus grand monde mais pour des gens qui possèdent déjà des éléments de compréhension. Ces compositeurs s'apparentent souvent comme des chercheurs ou, du moins, ils ont une démarche qui s'y rapproche. Tout cela n'a rien de rock'n'roll mais les personnes comme Martin Bédard n'ont jamais prétendu l'être. Enfin, comme tout « scientifique » ce n'est que tardivement qu'il sort son premier album. Certes, il a déjà composé et publié auparavant mais Topographies constitue, alors qu'il a la quarantaine passée, sa première réalisation solo. Nous venant tout droit de Montréal, Martin Bédard a été un élève de Robert Normandeau et le moins que l'on puisse dire c'est que cela se ressent. Topographies est un recueil de compositions réalisées entre 2005 et 2012. Malgré des contextes biens différents il existe une réelle cohérence entre les morceaux qui sont des exemples frappant de la variété de ce que peut offrir la musique électroacoustique dans sa nature abstraite mais hautement libre. Pour autant, Topographies reste dans une certaine norme, ne dépasse pas un certain académisme même si ce disque possède de réelles qualités créatrices, de rythmes ou de mouvements. C'est sans doute le mal récurent à beaucoup de genres musicaux qui existent depuis trop longtemps. La capacité de renouvellement n'est pas en rapport avec ce qui est produit et c'est ce qui est fort dommage parfois. On en est conscient lorsque l'on écoute Topographies même si on admet aisément que Martin Bédard est manifestement parmi les plus doué du genre. Le canadien construit ce qu'il appelle des « lieux transfigurés », des endroits où le réel s'évapore pour laisser la place à une autre réalité, forcément abstraite, faisant fonctionner notre imaginaire à plein régime. En cela Topographies ne peut pas être un disque décevant parce qu'il remplit pleinement son office sans qu'on y trouve à y redire.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 23-07-2013

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