.:.Chronique.:.

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Seewald, Zahava & Grébil, Michael

From my Mother's House

[Sub Rosa::2013]

|01 Ouverture sans Clarice|02 Fadensonnen / Entre ciel et ici|03 Kristall|04 Contrechamp I|05 Soleils noirs - Rentrer|06 Antiphona - Niemand (Psalm)|07 Sans les livres|08 Ono Tovo (traditional)|09 Contrechamp II|10 Im Spiegel ist Sonntag (Corona)|11 Question difficile|12 Rast Krasna|13 Radiant Core|14 Herbst, sagst du |15 Fun roykh|16 Who Can Look at the Beauty of an Ocean ? |17 From my Mother's House|


Quand la musique fait appel à la mémoire et à la poésie littéraire cela donne toujours quelque chose de particulier. La collaboration entre Zahava Seewald et Michaël Grébil est de cet ordre, hors champs, hors du temps, pesant sur une intention mémorielle qui se matérialise au gré d'une musique concrète où les voix, les chants, les espaces musicaux classiques et modernes s'entremêlent comme dans un rêve éveillé. Mais cet appel à la mémoire est parfaitement ciblée. Elle est issue de la culture juive mais, en somme, elle ne saurait s'adresser qu'aux seuls juifs. De par cette culture et à travers elle il est aussi question d'universalité. Autour de poèmes et d'écrits de Paul Celan, Leyzer Aykhenrand, Rose Ausländer, Charlotte Delbo, Léa Goldberg et de bien d'autres, Seewald et Grébil mettent sur pied une musique qui semblent sortir du fonds des temps. On se plonge dans un océan de sentiments enfouis mais qui n'ont rien de secrets. Ils sont l'expression d'un goût inouï pour la vie et toute ses formes. Comme un voyage initiatique et philosophique, From my Mother's House nous traverse à l'image d'une révélation quasi mystique. Effort sur les voix, le field recording, les instrumentations, les enregistrements divers, ce disque est symptomatique de ce que peut produire la musique contemporaine et concrète sans que celle-ci soit complètement incompréhensible pour le commun des mortels. Véritable dédale de sons, de voix, de pensées et d'images, From my Mother's House se distingue par sa capacité à se réinventer à chaque morceau. En dix sept morceaux, liés fortement les uns aux autres, le duo tente d'explorer différents territoires, différents aspects de la mémoire. On pourrait parler longtemps de la matérialisation de la mémoire, de sa transmission et de ses significations. De nombreux débats ont déjà eu lieux sur ce sujet. Zahava Seewald et Michaël Grébil en donne ici une idée mais même si elle n'est pas exclusive elle fait nous parle évidemment jusqu'au plus profond de nous.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 17-07-2013

A voir également :

http://www.effiandamir.net/zohara/zohara.htm

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