.:.Chronique.:.

Pochette

Charlemagne Palestine

Strumming Music for Piano, Harpsichord and Strings Ensemble

[Sub Rosa::2010]

|01 Strumming for Bösendorfer Piano|02 Strumming for Harpsichord|03 Strumming for Strings|

Si Philipp Glass, Steve Reich ou Terry Riley n'existaient pas, Charlemagne Palestine aurait sans doute pris leurs places. Il faut dire ce qui est. Charles Martin, de son vrai nom, est toujours resté dans l'ombre de ces monstres sacrés. Pour autant, cela ne veut pas dire qu'il fut ostracisé, mis de côté ou tout simplement ignoré. Quand on parle de Charlemagne Palestine c'est toujours avec un profond respect et il n'a jamais été considéré comme un suiveur. Mieux, Charlemagne Palestine est sans doute de plus varié que ses illustres collègues et se distingue dans plusieurs registres là où les monstres sacrés se sont souvent bornés à faire peu ou prou les mêmes choses. Charlemagne Palestine est un pluridisciplinaire et c'est ce qui fait une partie de son intérêt. Œuvres au piano, pour vocalistes, pour drones, carillons et divers instruments, collaborant avec des gens comme Mika Vainio, Pita, Keith Rowe, Tony Conrad, David Coulter.... L'américain n'a jamais voulu se cantonner à un registre particulier même s'il a quand même ses propres marottes. Quoi qu'il en soit il reste un personnage unique, jouant dans des lieux insolites (on l'a vu dernièrement à la cathédrale de Nantes) et qui est comme l'un des plus géniaux compositeurs / performeurs de son temps.

Strumming Music est sans doute son œuvre la plus connue. Il en existe différentes versions. Cet album nous en propose trois qui ont été enregistrés pendant les années 70. La première, Strumming for Bösendorfer Piano, est la plus récente des trois (1974) et est interprété par Charlemagne Palestine himself, est, comme son nom l'indique, la version au piano qui a certainement fait connaître Charles Martin au plus grand nombre. Utilisant un piano Bösendorfer, l'américain déclara lors d'un concert qu'il ne pouvait interpréter cette pièce que sur ce piano là et pas sur un autre. Le jour où il déclara cela, il avait interrompu sa représentation alors qu'il jouait sur un piano Steinway. Depuis, il a tenu parole et les versions de Strumming qui sont joué avec d'autres instruments le sont par d'autres que lui. Ainsi, Strumming for Harpsichord fut joué en 1977 par Betsy Freeman et, la même année, Strumming for Strings fut dirigé par John Adams. Strumming est basé sur la répétition hypnotique d'un faible nombre de notes. A l'instar d'un Music With Changing Parts, Strumming paraît sans fin mais n'est jamais sans nuances. Cette édition du label Sub Rosa (grâce leur en soit rendue) nous permet de percevoir cette création sous différents angles mais à chaque fois c'est la même fascination qui se dégage de chaque écoute. Bien sur, on ne les aborde pas de la même manière du fait de leurs approches instrumentales. Cependant, on reste comme en état de stase devant ces interprétations. Non pas que l'on soit complètement inhibé en les écoutant mais elles décrivent dans votre subconscient quelque chose d'indescriptible qui vous transporte bien au-delà de ce que vous auriez pu imaginer. Charlemagne Palestine a écrit ici une des grandes pages de la musique répétitive et il n'est pas ridicule de le placer parmi les plus grands.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 20-06-2013

A voir également :

http://www.charlemagnepalestine.org/Charlemagne_Palestine_WebSite/Welcome.html

?>