.:.Chronique.:.

Pochette

Fenech, David

Grand Huit

[Gagarin::2013]

|01 Petit huit|02 Confieso que he vivido|03 Mister Master|04 Un lâcher de lucioles|05 Jukebox|06 Bœuf Bourguiba|07 Opera en toc|08 Jaune d'œuf en cage|09 Petit soleil|10 Grand huit|11 Solaris|12 Heeels|13 Coralingo|14 Goulashnikov|15 Love That Feel...|

Après Superdisque dans lequel David Fenech officiait auprès de Jac Berrocal et de Ghédalia Tazartès, on le retrouve non pas pour un nouvel album mais pour une réédition. En effet, Grand Huit était sorti à l'origine en 2000 sur un label que tout le monde a oublié qui s'appelait Tout l'Univers. Autant dire que ce disque était introuvable depuis une éternité. Le label Gagarin le réédite cette année en format vinyle avec une nouvelle pochette et offrant une remasterisation de l'œuvre qui n'est pas tout à fait inutile. Mais ce n'est pas vraiment ce qui importe le plus ici. Ce qui est intéressant avec David Fenech c'est cette capacité de raconter des histoires abstraites le temps d'un morceau, d'être dans le renouvellement perpétuel et d'avoir plusieurs cordes à son arc passant de l'électroacoustique à un rock bancal sans oublier le field recordings ou le rock situationniste. Donc, oui, c'est bien un grand huit que nous propose David Fenech avec ces impressions de vertiges, de vitesse, de ralentissement, d'accélération mais aussi avec cette perception du monde qui vous entoure. Chaque morceau apporte une marque expressive particulière. Il ne faut pas voir dans Grand Huit une forme de cohérence ou, du moins, pas comme on l'entends habituellement. Si cohérence il y a ce n'est pas dans la forme musicale de chacun des titres. Ils sont tous très différents les uns des autres. Non, cette cohérence apparaît dans la logique que David Fenech veut imprimer dans chacun d'entre eux. C'est cette nature surréaliste qui se dégage de Grand Huit passant d'un univers à l'autre avec une espèce de décontraction et de normalité scandaleuse. Le Grand Huit de David Fenech est certes particulier. Ce disque évolue en fonction du relief et il ne semble pas vouloir se contenter de lignes droites. Avec ce que beaucoup considère comme son premier réel album (alors qu'il avait sorti bien des choses avant), on découvre un David Fenech comme un créateur original, hors cadre et qui s'amuse avec les sons. Depuis, il n'a fait que confirmer son côté iconoclaste faisant de lui un artiste essentiel et indispensable.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 28-05-2013

A voir également :

http://davidfenech.fr/wp/

?>