.:.Chronique.:.

Pochette

Tricky

False Idols

[!K7::2013]

|01 Somebody's Sins|02 Nothing Matters|03 Valentine|04 Bonnie & Clyde|05 Parenthesis|06 Nothing's Changed|07 If Only I Knew|08 Is That Your Life|09 Tribal Drums|10 We Don't Die|11 Chinese Interlude|12 Does It|13 I'm Ready|14 Hey Love|15 Passion of the Christ|

Il ne pouvait pas rester comme ça. Enfin, sur un échec, un disque dont il aurait pu ne pas se relever. Il faut dire que Mixed Race n'était vraiment pas à la hauteur du bonhomme mais ce disque, avec le recul sonnait de plus en plus comme un solde de tout compte avec le label Domino, un peu comme Lou Reed en son temps, certes d'une manière assez extrême, avec RCA et l'album Metal Machine Music (il fera quand même Coney Island Baby la même année avant de passer chez Arista). Tricky n'est pas allé jusqu'à faire un disque jusqu'au boutiste et prompte à vous briser les tympans. Ainsi, Mixed Race ne fut pas un disque qui fit trembler les murs et il restera comme une anecdote dans le parcours de l'enfant terrible de Bristol. Trois ans plus tard, False Idols avait fort à faire pour redorer le blason du bonhomme. Mais Adrian Thaws n'est pas de ceux qui s'arrête à leur propre image. Il faut avancer, recommencer, parfois à zéro pour se remettre en question. Il le dit lui même, ce disque est un retour aux sources et « si les gens ne l'aiment pas, peu [lui] importe parce qu' [il] est de retour » sur ses propres terres. False Idols vous mets tout de suite dans les bonnes dispositions et on comprend que le Tricky que l'on a toujours aimé n'est pas mort et qu'il a encore quelques bonnes cartes entre les mains. Epaulé, comme toujours, de belles voix chaudes et envoûtantes (Francesca Belmonte, Nneka, Peter Silberman de The Antlers et Fifi Rong) Tricky revient à des considérations terriblement efficaces et qui finissent de rassurer sur le personnage.

False Idols sera sûrement le disque qui va nous réconcilier avec lui tout simplement parce qu'il va ici à l'essentiel, fait ce qu'il aurait du toujours faire et explore à nouveau à merveille les ambiances moites, brumeuses et nocturnes qui ont fait de lui ce qu'il est encore aujourd'hui. Il n'y a pas à faire la mou, le grand Tricky est bel et bien de retour. Disque sobre, sans fioritures, False Idols privilégie l'émotion pure et chaleureuse plutôt que des constructions trop complexes qui, de toute façon, ne lui ont jamais vraiment réussi. Ainsi, Tricky enchaîne des morceaux aussi savoureux que vénéneux, rendant un hommage à Chet Baker sur Valentine qui nous rappelle que Tricky demeure cet enfant de cette nuit qui donne des vertiges et dans laquelle on s'engouffre pour ne plus en sortir. Et si on n'en sort plus c'est parce qu'elle est comme une drogue et qu'elle nous pousse dans les endroits les plus sombres mais aussi à la plus haute teneur sexuelle. Ici, Tricky revit, redevient ce qu'il fut et il a beau baisser la tête sur la pochette de False Idols, il n'en demeure pas moins qu'il nous revient par la grande porte.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 20-05-2013

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