.:.Chronique.:.

Pochette

Roedelius, Hans-Joachim & Chaplin, Christopher

The King of Hearts

[Sub Rosa::2012]

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Contrairement à ce qui se passe d'habitude Hans-Joachim Rœdelius et Christopher Chaplin (qui est accessoirement le plus jeune fils de Charlie Chaplin) ne se sont pas rencontrés par hasard. La plupart du temps on vous dit exactement l'inverse, que la providence leur a permis de faire une rencontre inouïe qui va forger le mythe d'artistes qui, vous vous en doutez bien, méritaient qu'on parle d'eux avec toute l'attention qui leur est due. Dans le cas présent il n'y a pas de rencontre impromptue. C'est Hans-Joachim Rœdelius qui a fait les premiers pas. Invité en 2010 au festival Gugginger Irriationen 2, aux alentours de Vienne en Autriche, qui avait pour thème l'Art Brut, il rencontre une première fois Chaplin. L'année suivante, il est invité à joué live au piano pour la BBC mais avec cette particularité de choisir un musicien avec qui il n'a jamais travaillé, qui puisse enregistrer et remixer ce set. Le choix s'est porté sur Christopher Chaplin dont le travail plu tellement à l'allemand qu'il lui proposa de renouveler l'expérience en lui offrant de travailler cette fois-ci sur un matériau déjà enregistré. Le résultat en est ce The King of Heart, disque étonnant qui surprend par son approche qu'on pourrait presque croire inédite.

On a d'ailleurs du mal à identifier tout de suite l'endroit où veut nous emmener le duo. Une œuvre baroque, fantasmagorique, presque aux portes de la folie qui est un véritable kaléidoscope sonore qui flirte avec l'avant-garde, le jazz et la musique contemporaine. Difficile donc de savoir par quel bout le prendre et The King of Heart nécessite bon nombre d'écoutes pour saisir tout le bien fondé de sa démarche. Sa complexité ne doit pas rebuter car, contrairement aux apparences, ce disque est d'une écoute bien plus aisée que ce que l'on aurait cru. C'est peut-être le fait que l'on ne soit pas ici dans du tout électronique et que l'organique a bien souvent le dessus donnant ainsi beaucoup plus de respiration à chacun des morceaux. Bien entendu, après avoir été dérouté, on finit par retrouver ses petits et on se prend d'affection pour cet album dont la richesse ne se discute même pas. L'association entre Rœdelius et Chaplin est assurément une réussite mais qui risque de ne pas être comprise ou assimilé par tous. C'est toujours le risque dans ce genre d'exercice et les deux hommes ne le savent que trop bien.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 15-05-2013

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